La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

292 ' LA REVUE SOCIALISTE gagne 5 francs aussi longtemps que son procédé ùemeure secret et qu'il profite seul du travail gratuit de la nature; et quand le procédé devient public et que la concurrence oblige le proùucteur à Laisser le prix de son produit de 20 à 15 francs, ce sont alor.,; les consommateurs qui font ce gain de 5 francs>>. (Liv. I, ch. IV). Par conséquent les frais de production d'une marchandise ne sont représentés que par le travail de l'homme ft l'usure des machines et des outils cc que nous ajoutons it nos bras pour en augmenter la puissance, pour obtenir le concou1·s des agenb; naturels. l> (Liv. I, ch. VII). Si donc la terre, qui est une machine à fabriquer du blé, n'était pas accaparée, mais restait propriété commune comme les autres agents naturels, elle n'ajoute1·ait pas au produit le c, revenu foncier >>: mais s:1 simple usure, c'est-à-dire le pl'iX cles engrais et du tra-..ail mécanique, animal et humain nécessait·~ ~t remonter sa fertilité. Quand Jean-Baptiste Say économisait ou pressentaitleH dangers qu'il y avait à reconnaître que le travail était la source de la vale~r, ainsi que l'avaient fait Adam Smith ~t Ricardo, qui étaient des hommes de science et non des vulgaires apologistes de la société capitaliste, Say a essayé d'échapper à cette terrible constatation : il a tourné et retourné la question, pour finir par admettre que le travail est seule source de valeur. C'est partant de ce fait, clair comme le jour, mème pour un économiste de la force de Say, que Marx arrive avec « sa logique d'acier>> à la conclusion inéluctable que le capital est du travail non payé, du tranil volé. II. LA PLUS-VALUE CAPITALISTE. Bien que ce soit Marx qui ait démontré que le sur-tra-..ail, c'est-à-dire, le travail non payé du producteur manuel ou intellectuel, constituait la plus-value ou les profits capitalistes, cependant des économistes anient vaguement indiqué le fait. Ricardo dit : « La valeur entière des articles du fermier et clu manufacturier se partage en deux seules portions, dont l'une constitue les profits du capibl, tandis que l'autre est consacrée au salaire des ouvriers. . . Si un fabricant donnait toujourl'I ses marchandises pour la même somme d'argent pour 1.000 livres sterling par exemple, ses profits dépendraient du prix ùu tr.wail nécess:lire pour leur fabrication. Ils seraient moindres avec des salaires de 800 livres qu'avec d'autres salaires de 600 livres.

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