LA RÉVOLUTION DE DE~lAIN 287 ..... alors, qu'y aura-t-il à changer pour que la révolution s'accomplisse, pour que le régime économique actuel soit transformé? Presque rien. A la place des compagnies ou sociétés exploitant pour le profit exclusif de leurs commanditaires ou actionnaires, mettez l'Etat pour les industries qui ont vraiment un caractère d'utilité nationale (ainsi pour les mines, les canaux, les chemins <le fer, comme déjà cela existe pour les télégraphes, les téléphones, sans compter les tabacs et les allumettes); mettez la commune, la commune à laquelle on aura restitué son existence propre, administrative et économique; mettez la commune pour une foule d'autres industries ou commerces, notamment pour les industries du bâtiment et pour les commerces relatifs à l'approvisionnement des matières alimentaires de première nécessité : le pain, le vin, la viande. Et c'est fait. Le régime collectiviste est inauguré. (1). Aussi,quand onaffirme que le collectivisme veut tout détruire; la propriété, les machines, les capitaux, avance-t-on une erreur grossière. Le collectivisme n'abolit ni les capitaux, ni les machines, ni la propriété. Il en modifie simplement l'usage, la destination, et la manière de s'en servir. Jusqu'ici, capitaux, machines, propriété, ont eu un caractère individuel, au point de vue de l'usage et de la destination, en ce sens que ceux qui en détiennent une part ne l'emploient qu'à leur profit personnel, sans se soucier de l'intérêt collectif. Désormais, le sol, les capitaux et les machines auraient surtout un caractère social, en ce sens que ceux qui les exploitent, c'est-àdire la généralité des travailleurs, n'auraient droit qu'à une portion dans la production qu'ils en tireraient, proportionnellement à la valeur, en temps et en qualité, et aussi, sans doute, à la valeur d'usage du produit réalisé. Henri AIMEL. (A suivre) (1). « La civilisation moderne - dit M. Paul Leroy-Beaulieu - qui a éte singulièrement individualiste (et c"était une nécessité, une condition du pi-ogrès penùant ces trois premiers qua1-ts de siècle) tend à dev~nir plus socialiste, dans le sens que ce mot ùevrait a,•oir, ou plutôt plus altruiste». Et M. Paul Leroy-Beaulieu ciie les œuvres d'utilité ou d'agl'ément collectifs (école~,lavoirs, bains publics, fontaines,égouts, hôpitaux, hospices, asiles, refuges de nuit, squares, jardins, musées, bibliotbeques, etc.) créées par les municipalités P.t l'Etat, et dont Je nombre s'accroit proùigieusement. Mais n'est-ce pas à la démonstration du phénomène de collectivisation sociale, qui tend à mettre là la disposition commune les produits du travail de·chacun ?
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