LA RÉVOLUTION DE DEMAIN 2î9 Quand, là où il fallait dix ouvriers, il n'en faut plus que trois grâce à la ~ise en œuvre d'un engin nouveau, il est clair <1ue derrière les trois ouvriers qui continuent à, travailler, il y en a sept qui demandent de l'ouvrage, et qui sont disposés à, accepter' cet ouvrage au moindre salaire possible, c'est-à-dire en donnant le plus de travail pour le moins d'argent. Telle est la loi dite d'airain, qui fait que le salaire· indur-;tdel ne peut jamais s'élever, en règle générale, pour la masse des travailleurs, au-delà de cc qui est rigoureusement nécessaire :l lenr subsistance; et au contraire, en fait, est souvent inférieur à ce minimum (1). (l) Il n'est peut-être pas de vérité économique plus unanimement reconnue qu!d cette loi ùes salaires, Le.. physiocrates ! 'ont aperçue et stgnalée. Tur.<1ot: En tout genre de travail, il cloit arriver, et il arrive en effet, que le salaire de rouvrier se bome à ce qui lui est nécessaire pour se procurer sa subsis1auce. N erlœ1·: s•il était possible que l'on vtnt à décom•rir une nourriture moins agréable que le pain, mais qui pùt soutenir le corps de l'homme pendant -18 heures., le peuple serait bientôt réduit à ne manger que de deux jours l'un, lors même quïl préfére:-ait son ancienne habitude; ll!s propriétaires des subsistances usant de leur pouvoir et désirant multiplier le nombre de leurs serviteurs, forceront toujours les hommPs qui n'ont ni propriété ni talent à se contenter du simple nécessaire. J.-JJ. Say : Le salaire ne s·éléve guère, dans chaque pays, en dehors de ce qui 1:st rigoureusement nécessaire pour vivre, et le nombre des concurrents s'y éle\"El toujours au niveau ùe la demande qui est faite et tres souvent l'excéde, car la difficulté n'est pas de uaitre, mais de subsister. Ricurdo : Dans la marche naturelle des sociétés, les salaires tendent ;\ baisser, en tant qu'ils sont réglés sur la demande, car le nombre des ouvriers continu<!ra a s'accroitre ùans une mesure plus rapide que celle .-lela demande. Destutt de Tracy: Le pauvre ouvrier qui n'a que ses bras a offrir n'a pas l'espérance d'obtenir de forts sc1.laires; il sera toujours réduit au moindl',· prix. E. Levasseur: Ce n'est pas par une libéralité bénévole que les patrons élevenl les salaires. lis cherchent a produire au plus bas prix possible, et quand la rareté des br<1s ne le11oblige pas à se montrer plus généretJx, lo prix de la journée pour le sim pie ma.nœuvre tend toujours à se rapprocher de la somrne strictement nécessaire à Ea subsistance et à son entretien, limite au-de1H,ousde laquelle le saldire ne peut descendre qu'accidentellement. - Inutile ,i 'allonger la liste. Ain8i l'économie classique, bourgeoise, brevetée avec garantie de~ gouvernements. a constaté - bien avant Lassalle - cette loi fatale qui, en règle générale, maintient au strict nécessaire le ioalaire du travailleur. Comment, de cette loi qui pése sur le monde de travail, qui règle et commande toutes les relations ent1·e le patron et l'ouvrier, interdisant à celui-ci toute possibilité d'obti-nir un salaire supérieut· à ses indispensables besoins d'existence; comment les économistes dirigeants ont-ils pu déduire leur fameux principe de la liberté de l'offre et de la demande, et proclamer que dans le contrat de travail, remvloyeur et l'empluyé stipulent à armes égali:s? Et cepeutiant c'est sur un tel sophisme, réfuté d'avance par ceux-la même
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