271 LA REVUE SOCIALISTE « Tout ce monde-là devient salarié. La bourgeoisie,dans tout.es sei-couches, est en train <levivre de salaires>>. C'est-à-dire que la grande industrü=, urbaine et rurale, le grand : commerce, sont en train de détruire et dissoudre le petit corn- . merce, la petite industrie; que, de plus en plus, les capitaux, sous toutes leurs formes, tendent à se concentrer aux mains de vastes . sociétés anonymes qui, elles-mêmes, tendent à se syndiquer 1 entr'elles (1). En sorte que, encore quelques années, et l'on pourra voir, notamment, toute la circulation métallique et fiduciaire et tout le crédit européen, aux mains de quelques banquiers; toute Ja circulation ùes voyageurs et des marchandises, au pouvoir d'un petit nombre de compagnies (c'est déjà fait chez nous, gràce aux . con ventions <le 1883); toute la vente des objets de consommation, d'utilité ou de luxe, absorbée par une douzaine de bazars . .\..insi, ce qu'on appelle la petite bourgeoisie, boutiquiers, arti- . s-rni-;, industriels on commer<;:ants de second ordre, est marquée , .lu front du signe de mort. Elle est destinée il disparaître, et ses , membres sont condamnés à aller grossir le nombre des salariés. C'est Karl Marx qui le constate; et M. Paul Leroy-Beaulieu le : confirme. Or, la disparition des· classes intermédiaires mettra directe- : n1Pnt en présence d'un côt{> un petit nombre, toujours de plus en plus réduit, de grands monopoleurs, <le grands banquiers, de . gTands exploitants : <lel'autre, le peuple des déshérités, des exploitr~Hd, es expropriés. ccEn Angleterre - dit M. de Laveleye - quand l'heure du . pt'.·1·ialurJ. sonné, une poignée de privilégiés se trouYera face à face a ne une nation de prolétaires ». ( C'est exactement ce qui se produira en France,comme ailleura, <lu rast0, car partout les mêmes causes doivent produire les mêmes ,effets. Pourtant. ici, se rencontre une objection spéciale à notre payci. ccAdmettons - disent les économistes les plus conc·iliants - <1uela petite propriété industrielle et commerciale, essentiellement rnobili&re, tende, en effet, à disparaître, à se fondre dans la gt·.lncle pr?priété capitaliste. situation: u Il n•existe plus d'ateliers. Quand un patron a besoin d'un ouvrier, '. il en trouve quinze. J'ai vu, hier, payer 5 francs un ouvrage qui nous ètait , payé 16 francs, il n'y a pas un an. Du reste, nos pat,·ons eux-mèmes, qui sont sous la dépendanre des marchands de draps, vont bient6t clisparai• t,·r, 1·uinés r,ar de g,·ancles sociétés anonymes ... » (Temps, 23 février ltl9:2). (li Ainsi le syndicat des métaux, le Consortium qui, un moment, monol'nli~a tout le commerce des cuivres dans le monde. A l'heure actuelle, sept maisons, en France, concentrent en leurs mains, jointes en un syn<lioat, toutP. 1 lïmportation du ble étranger dans notre pays.
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