LA RXVOIIUTION DE DEMAIN 207 LARÉVOLUTIDOENDEMAIN I. Il n'est plus personne aujourd'hui qui ne sente ou ne comprenne, et tout le monde convient que nous sommes à la veille de la Révolution. Cette Révolution, elle est déjà commencée ; elle est en train. Les brusques sautes d'opinion qui se manifestent dans le suffrage universel! les grèves qui éclatent de toutes parts, comme des coups de grisou dans la mine; ce formidable remuement d'idées qui agite les philosophes, les écrivains, les politiciens, et les oriente tous vers le problème social; ce mouvement profond qui fait tressaillir les masses laborieuses, pousse les ouvriers de toutes les professions, de tous les pays, à se rapprocher, à s'entendre, à s'unir dans un programme de revendications communes· dont la redoutable précision s'accentue de jour en jour; - et d'autre part, la débilité des classes dirigeantes, leur impuissance à résister à la pression de ce quatrième état international qui se constitue sous leurs yeux, en dépit des entraves artificielles, en dépit des persécutions, en dépit des lois coercitives; la stérilité bavarde des assemblées électives, - tout cela indique bien que les sociétés modernes, surchargées sous le poids d'institutions vieillies, épuisées par les guerres politiques, ruinées par les guerres économiques, plus meurtrières encore, sont arrivées au fatal to_urnant de route au-delà duquel elles vont trouver ou le fossé béant pour la culbute ou la verdoyante et féconde plaine pour le repos et le renouvellement. Cette Révolution, c'est un des épisodes périodiques qui marquent la lu'tte séculaire entre une minorité qui jouit et une majorité qui souffre, entre ceux qui sont en bas et ceux qui sont en haut; entre les Riches et les Pauvres.
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