BULLETIN 261 leur de leur vie au service de l'établissement où ils sont occupés ont parfaitement le d1·oit d'y être maintenus contre une rèmunération équitable. Si <'ans les administrations publiques, un employé ne doit être renvoyé que dans le cas où il a manqt•é à ses devoirs, il doit en être <lemême dans les étalJlissements industriels, dont le pe1·sonnel ne pourr&it être jeté sur le pavé par suite œun caprice ou ponr le bon plaisir du propriétaire. Les beaux temps de l'individualisme sont passés ; on ne peut plus dire aujourd'hui à un ouvrier qui n'a pas démé1·ité : allez travailler ailleurs: « nous ne voulons plus avoil' à faire avec vous, nous entendons employer qui bon nous semble. >> << Si les employeurs pouvaient renvoyer à leur gré les ouvriers qu'ils occupent, la liberté ne serait plus qu'un vain mot, leur vote de travailleur n'aurait plus de valeur s'ils n'ont pas une situation indépendante; les employeurs doivent pouvoir compter sui· la bonne conduite, l'honnêteté de :eur ouvrier, non pas de leur vote. S'il n'en était pas été ainsi, on verrait sous peu se former une aristocratie autrement puissante que la noblesse féodale. n « l\iéme si on pouvait exterminer les ouvriers dti M. Carnegie, rien ne sera fait, il faudra toujours recommencer, car les travailleurs conscients de leurs droits et de leurs intérêts opposeront toujours une résistance acharnée, la guene civile se continuera sans trêve, tant qu'on ne reconnait1·a pas les droits des travailleurs, ce qu'exige non seulement l'intéi·êt général, mais aussi la loi morale. » A plus forte raison, l'argumentation du sénateur américain s'applique au cas de Carmaux. Les mines sont des propriétés nationales et les tristes individus qui ne les détiennent que par tolé-1 Tance légale, devraient au moins être tenus à l'accomplissement de certains devoirs sociaux dont l'ingrat et féroce parvenu Reille, n'a pas la moindre idée. Si son loqueteux grand-père pouvait revenir ramasser le bois mort dans les bois que le beau-père du dit Reille a soustrait aux communes pour les lui passer, il ferait conduire le pauvre bonhomme aux prisons d'Albi. Ainsi agissent les patrons miniers du Midi; ceux du Nord n'ont pas voulu être en reste d'exploits. Les progrès du socialisme les empêchent, eux aussi, de dormir, notamment la municipalité de Roubaix leur donne le cauchemard? Pensez aussi que cette municipalité roubaisienne, dont les journaux conservateurs sont obligés de reconnaître la sagesse et la correction, s'est avisée, prenant au sérieux les principes internationalistes du socialisme moderne, a donné une fête socialiste dans laquelle 2,500 militants du Vooruit, de Gand, ont été, Anseele en tête, triomphalement accueillis et cordialement fêtés. Il fallait montrer combien peu pèsent les bonnes intentions ouvrières contre les réalités capitalistes; on l'a tenté et le moyen choisi dénote une infernale habileté. Les patrons miniers, cléricaux émérites, du Borinage ont envoyé à leurs congénères d~ Lens et de Lievin non moins cléricaux qu'eux, les plus dociles de leurs ouvriers, ceux qui ne sont
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