250 LA REVUE SOCCALISTE Et ton suffrage altier saignait, et la cartoucbe Etait to1i bulletiu de plomb ! &ais c'est fini, pourquoi te mer, tête basse, Dans la révolte et dans les pleurs ? JI quoi bon colleter le canou, lorsqu'il passe, Enguirlandé d'aube et de fleurs ? JI quoi bon débrider ta colére et ta haine, i:nevant le firmament sacré, ;Maintenant que tu peux, de ta main souveraine, Façonner l'Idée à ton gré ? Il Là-dessus, les tambours s'emballent, les cymbales Ne savent plus ce qu'elles font, Pendant que les malins escamotent des balles, i:nans des urnes à double fond. Harangue de vertus! Boniment de vieux pitre, Où s'effiloche un texte usé ! Eloquence de ricbe à trente francs le titre, Après que le pauvre a moussé! Approcbez, ve11ez voir le peuple-roi, Mesdames ! Veuiller soupeser en passant Son 111a11teadu'apparat constellé de prvgramllles, Qjii traînait hier dans le sang. Est-il assez musclé de la face et du torse ! Ont-ils des bras ces Soui•erai11s! Jlh ! s'il voulait, un jour, abuser de sa force, Comme il nous casserait les reùis ! 'Pour relever la foi qui s'ankylose et boîte, 'Pour gouverner comme il le doit, Il 11'aqu'à mettre un boid de papier dans sa boîte, Il n'a qu'à remuer le doigt ! Seulement le baîllon étant l'ami de l'ordre, Les bourgeois gavés et prudents Le 1111,sellenutn peu, colllme s'il allait mordre. Chaque foù qu'il montre les dents. Qlwi ! tu votes, gaillard, pour ceux qu'on assassine ? Quoi ! tu ne sais pas oublier ? Eb bien ! tu crèveras de faim ! Hors de l'usine ! A la porte de l'atelier ! Plus de mine où planter ta lanterne et ta piocbe ! Plus un astre dans ton ciel noir !
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