LE PEUPLE SOUVERAIN On te vid:J le ventre en te vidant la poche ; Ramasse tes outils, bonsoir ! Ta royauté, chanson ! Ta pourpre, métaphore ! Si ta fille aînée a vécu, 'Blanche co11111l1ees lis et toute belle encore, Cours la ve11drepour un écit ; Si tu crois à l'honneur, figure empanachée, Utile au jargon des partis, Noue une bon11ecorde, étrangle ta nichée, Pends la mère avec les petits ! III Et c'est pourtant ainsi _dans notre époque infâme, Après tant de nobles trépas ! Le peuple est roi, c'est vrai; mais le patron l'affame, Quand il ne le fusille pas. La 111i11deit: - Dansez sur les côteaux, ber~ères ! -Dor111ez,innocents 11ouveaux-11és ! Car j'ai dans mes flancs, noirs de la mort des fougères, -Du travail pour tous les damnés. La forge dit : - Passant, fais jaillir l'étincelle Du rouge baiser des métaux ! j'ai dans ma braise ardente, où la fo11te rnisselle, Dn travail pour tous les marteaux. le bois dit: .Aiguisez la hache qui se rouille, Venez à moi, tristes bumains ! j'ai, dans mes rameaux verts où l'oiselet gazouille, Du travail pour toutes les mains. la plaine dit : Chante!{ ! QJia11dle printemps se léve, -Dressez-lut des arcs trt"ol/lpbaux ! j'ai, dans l'épi gonflé de lumière et de séve, -Du travail pour toutes les faux. Et le &aître répond, blaspbé111antle mystère, Rebelle à l'éternelle loi: je ne fais travailler, sur terre et sous terre, Que ceux qui votent co1111nme oi ! IV Ab ! debout, compagnons ! bardi, traîne-guenille ! Plus de beaux bourgeois triomphants, Si la chair qu' o,i affame et celle qu'o,i fusille <J{essuscitentdans vos e_nfants ! 251
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==