La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LES ORIGINES DU SOCIALIS)IE ALLE)!AND 23 d'appliquer librement el exclusivement ses forces à la cullure d'une certaine p0rlion de tel're. De même le cordonnier a un certain travail, c'esl-~-dire un champ d'aclion tixe el déle1·miné. Puisque les choses n'apparliennenl à personne, d'où l'homme tirera-1-il le d1·oil exclusif d'appliquer son activité à tel ou lel objel? Tous les hommes étant égaux, le droit d'un individu est fondé sur l'abandon consenli. des autres hommes. - Clrnque homme peul conclure un traité avec ses voisins; mais il ne peut lui-même en stipuler directement les clauses avec tous 18s hommes enfermés dans la même société historique el géographique. Ceux-ci peuvent seulement traiter par l'intermédiaire de celle puissance commune, basée sur la liberté de Lous, el appelée Etat. Par conséqnenl le contrat, par lequel se légitime la possession, esl un traité émanant de l'Etal qui stipule avec Leiou tel citoyen pour tous les autres citoyens. - L'Etat est comme la substance, en laquellè le droil de propriété vient prend1·e sa force; son devoir ne consisle pas uniquement dans la protection de la propriété; mais, puisque c'est de lui-même que dérivent la propriété el le droit de possession, il doit présen·er la légilimilé el garder la pul'elé el l'essence même de la propriété ; et ::;i elle perd ces qualités, il doit la rappeler à son origine el à son droit. La propriété naîl du droil que possède tout homme d'exercer son activité dans une certaine zône de travail, el pou!' ainsi dire dans une sphère déterminée. Ainsi tous doivent, par une sorte de renoncement Lat:ile, s'abandonner et se concéder réciproquement leur sphère d'action. Mais pour que la renonciation soit réciproque el que le contrat se fasse, il esl nécessaire que chaque citoyen, en s'interdisant 111 sphère des autres, possède une sphère propre que les aull·es s'interdisent à leu!' tour. Un tel promet de ne pas toucher à la propriété d'autrui; il faut qu'autrui promelle de ne pas loucher à la sienn·e. Si ce citoyen ne possède r:en, le contrat est inexistar.L el sans force obli,gaLoire. La société n'a pas d'obligations à son égard, il n'en a pas envers elle. Alors l'homme n'est plus une parcelle de la société, c'est presqu'une bêle, errant à travers de vains droits apparents, toute préparée et même excitée à de légitimes déprédations. Il est pourtant impossible de rése1·ver à chaque citoyen une part de terre ou d'industrie.Mais comme la propriété est l'activité libre appliquée à Lei ou tel objet, à tel ou tel dessein, chaque homme aura un travail tixe et assuré, sera propriétaire; le droit au travail, voilà la vérilable propriété! « Il faut que tout homme ail du travail et du pain ».Pour que tous aient du travail, il est nécessaire qu'il y ait un certain équilibre en tr (t) la pr·oduc

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