La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

2l LA REVUE SOCIALISTE tion et la consommation; donc entre la société des agriculteurs et la société des artisans il faut qu'il existe un certain commerce des choses produites. Qomme l'Etat seul peut donner une mesure et une règle à ce commeree, aucun citoyen ne pourra être agTiculteur ou ar·tisan sans la permission de l'Etat. Entre les agriculteurs et les artisans la société des marchands servira de lien; elle aussi,sera délimilée et déterminée par l'Ela t lui-même. Et il ne suffit pas que la quantité des divers produits naturels ou ouvrés soit fixe et assurée ; leur valeur respective et !Pur prix relatif doivent eux-mêmes être fixés. Car en c:is d'élévation subite du coût des frais de la terre, les ouvriers ne pourraient acheter le nécessaire malgré tout leur travail; cela en serait fait de la sécurité de l'existence, sans laquelle le droit au travail est vain. Les variations de prix et de quantité troubleraient le juste commerce des citoyens et l'équilibre économique. Quelle sera donc la mesur~ de la valeur à choisir? Fichte en indiq,rn deux distinctes, sans montrer clairement comment il les <:oncilie et les harmonise; l'une est« la valeur d'utilité)>, l'autre « la valeur ùe travail». Tout d'abord il faut vivre; par conséquent nous commencerons par mesurer la valeur des choses à leur efficacité alimentaire; d'autre part, comme de nos jours les hommes se nourrissent surtout de pain de frolllent, le froment sera pour ainsi dire la valeur type, « l'unité de valeur. » Ainsi telle quantité d'aliments vaudra plus ou moins que la même quantité de froment selon qu'elle renfermera une plus ou moins grande puissance nutritive. Des savants expérimenter0nt et publieront-celte relation. Telle est la valeur d'utilité, - Mais pour produire celte quantité de blé, un Lemps déterminé est nécessaire; pendant ce temps le cullivateur se sert d'une maison, de nourriture et de vêtements. D'où la nécessité de certaine!'; dépenses qui peuvent être évaluées selon les mœurs d·une nation et d'une époque. L'estimation de cP.s dépenses se fait d'après la valeur relative du froment et de toutes les choses consommées pour sa proù uclion. Dans la société, les besoins varient avec les conditions. Ainsi lt-i cultivateur, qui travaille dans un air vivifiant, peut prendrè et digérer des aliments qui, comme la plupart des fruits de la terre, ont sous un gros volume une faible puissance nutritive, par exemple les choux. De même pour son travail rude et pénible il n'a pas besoin de vêtements fins. Mais les jours de repos il est nécessaire qu'il puisse manger de la viande et que sa nourriture se différencie <te celle drs animaux qu'il mène paître. Il est même nécessaire qu'un vêlement plus décent et pour ainsi dire plus humain lui manifeste sa dignité d'homrr.e

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