La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LE QUATRIÈME BANQUET DE LA (( REVUE )) 237 Mais il y. aurait injustice à nier le progrès; et le double fait qu'une Revue, comme la nôtre, peut paraitre sans entraves et sans vexations et que <lesrépublicains socialistes comme ceux que possèdera votre réunion peuvent fraterniser dans une espérance commune, - ce double fait est plus qu'un gage de triomphe futur, c'est déjà un résultat acquis, dont l'importance ne saurait échapper aux esprits les moins réfléchis. Croyez à tous mes regrets d'être retenu loin de mus et veuillez transmettre à tous vos convi\'es mes salutations cordiales. Elie PEYRON. Avocat à la Cour d'appel. De Cannes, nous avons reçu la depéche suivante: Au rénéré directeur, aux vaillants citoyens réunis banquet de la. Rei;ue Socialiste, Salut fraternel. F. Roussey-Dalon - Luigi Amedeo -A. Canepa - B. Dedominici - C. Perdisa - D. Solamito - Michel Boeri - A.Salrngni - F. Giordanengo - G. Colombo - N. Viano. - Isnardi. - Paul Sénéca. Cher Diredeur, Le Cannet, 21 juillet 1892. J'apprends a\'ec plaisir que le banquet annuel de la Revue Socialiste aura lieu le 23 de ce mois. A cette occasion je ,·ous adresse à ,·ous et à. ,·os collaborateurs un salut fraternel. l\le permettrez-1·ous de vous dire tout ce que je pense de l'œuvre que \"Ous poursuivez, vous citoyen directeur, l'auteur érudit du Socialisme Intégral, et vous, citoyens, ses dévoués et intelligents collaborateurs. Trois forces ont toujours présidé à )'él-olution et aux grandes manifestations de l'humanité: la force physique, la force intellectuelle et la force morale. Depuis que l'on philosophe tous les penseurs se sont efforcés, a1·guments et hypothèses à l'appui, d'accorder la souveraineté à l'une de ces forces à l'exdusion des de.ux autres. Il y a un demi siècle, les socii:tlistes étaient des apôtres, le pouvoir appartenait au sentiment, et la célébrité s'attachait à )'écrivain qni, en faisant appel aux plus nobles passions, arnit peint le tableau du plus bel idi!al social mais aussi du plus utopique. Yingt ans après, il ne restait plus rien de cette politique· chevaleresque, de ces doctrines éthérées; la question sociale était réduite aux satisfactions de l'estomac et le socialisme n'était plus qu'un simple 1-'roblème d'arithmétique. ' Mais de tout temps de grands philosophes n'ont voulu attribuer les progrès rle la ci\'ilisation qu'aux forces intellectuelles. Pour les socialistes sentimentaux, la grande accoucheuse des transformations humaines, c'est le cœur, c'est la foi, c'est l'enthousiasme; pouiles économistes, ce sont les nécessités de la \"ie, les satisfactions des besoins matériels; ponr les philosophes, ce sont les inventions indus-

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