236 LA REVUE SOCIALISTE rants se sont toujours formés, !'instinctif et l'intellectuel. L'un est plein -dehaine implacable contre les institutions du passé et ceu2c_quiles défen- -dent, l'autre voudrait user de bonté pour convertir à l'ordre nouveau ses ennemis et ils n'ont recours à la violence que dans les cas de la plus -extrême nécessité en faisant alors violence à ses propres instincts. Je no crois pas être un adulateur en disant que de ces deux courants, vous, chers collègues de la Revue Socialiste, vous représentez la meilleure partie, l'idéalisme, celle qui est noblement humaine, celle-là seule à laquelle sera réservée la direction de la société future. Ce courant d'humanité éclairée existe un peu partout. Mais il était juste qu'il eut son drapeau, son école, sa meilleure garnison de nobles esprits dans le pays de la Grande Révolution, dans le pays de cette Révolution qui voulut être non moins cosmopolite que française, qui appela tous les hommes au banquet de la vie, de la lumière, de l'amour et qui remplai;a les idoles antiques devenues des instruments de tyrannie par le culte de la rérité, de la justice et de la fraternité. A vous donc, vaillants défenseurs des plus nobles idées, et à votre maitre mon cher ami Benoit Malon, j'envoie de tout cœur un salut fraternel. Aujourd'hui et toujours, pour la liberté et pour le bien de la famille humaine par la pensée et du fond du cœur, je s~is votre ami et confrère -dévoué. Théodore MONETA, Rédacteur en chef du Secolo de Milan. Au citoyen Rodolphe Simon, organisateur- du Banquet de la « Revue Socialiste», Paris. Cher citoyen R. Simon, Nimes, le 14 juillet 1892. Je trouve votre aimable invitation au sortir d'un banquet d'amis dans lequel nous arnns énuméré de notre mieux toutes les Bastilles qui restent -encore à démolir. Elles sont, hélas! bien nombreuses ! Et il faut avoir la foi robuste <!ans l'avenir que Benoit Malon a communiquée à tous ceux qui s'honorent d'être ses élères, pour ne pas se laisser écraser moralement par cette -Organisation politique, dont toutes les parties tendent au maintien d'un -état de choses souvent si douloureux sous un hypocrite vernis de cirilisation. Votre maitre et ami, dans le second volume de son Socialisme Intégral, les a pourtant dé\-eloppées, ces réformes si sages et si pratiques dont l'adoption procurerait un mieux-être au plus grand nombre. Pourquoi ne pas les essayer? Pourquoi piétiner sur place? Pourquoi rejeter deux fois de .suite le projet de loi Bovier-Lapierre ? Pourquoi ·passer outre aux. critiques si justes de M. Camille Pelletan sur le projet de renouvellement du privilège de la Banque de France? Pourquoi n'apprécier qu'au point de vue didactique et oratoire le très suggestif discours de votre ami le citoyen Millerand, sur le Banque Nationale?
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