La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LE QUATRIÈ:.1E BANQUET DE LA (( REVUE >l 235 mes sincères et généreux, qui, repoussés par les lâchetés, les vilenies, les injustices, les infamies du régime bourgeois, cherchaient leur vc,ir, cherchaient la vérité, cherchaient l'équité; ils ont trouvé dans les principes socialistes la satisfaction de leur cœur assoiffé de noble et fier amour, de leur esprit altéré de justice. La Revue Socialiste a rendu de grands services à la cause socialiste, à la cause du peuple opprimé dont elle a augmenté le nombre des défense-urs, et, je suis heureux de l'en féliciter vivement et d'apporter à nos amis de chaudes étreintes fraternelles. J'aurais voulu prendre part à votre banquet, j'aurais voulu assister à vos fétes, mais je suis retenue encore loin de Paris; i'année prochaine, je l'espère, je serai parmi Yous. En attendant, recevez tous et toutes amis et amies, un bien affectueux serrement de main fraternel. Paule M1NCK. Milan, le :20juillet 1892. Estimables collègues de la Rei;ue Socialiste, Si de graves engagements ne me retenaient il!i j'irai Yolontiers participe a vos agapes fraternelles. Vot1·e gentille invitation dont je vous remercie vivement m'est très agréable parce qu'elle apporte une preuve nouvelle de la bienreillance de \'Otre esprit et de la grandeur du programme que vous <lévi>loppezavrc tant d'intelligence et de cœur sous la direction de l'éminent ami Malon. Vous démontrez ainsi que l'étude sereine et persistante des difficultés. qui environnent les problèmes sociaux n'a ni éteint, ni affaibli ~n Yous les. sentiments de bonté, les idées grandes et géniales, les féconds enthous~asmes qui, au début du socialisme florissaient dans l'esprit de ses premiers. croyants. Yous ouvrez vos rangs même â ceux qui diffèrent en quelque partie de vos idées, vous croyez devoir les accueillir parce qu'ils sont véritablement désireux du bien commun et vous leur accordez de traYailler avec vous. pour la régénération sociale à la place que leur attribue leurs qualités individuelles et la situation de chacun d'eux. Vous pensez qu'à la grande cause à laquelle Yous avez consacré votre talent et vos fatigues il vaut beaucoup mieux attirer la plus grande quantité de sympathies et de concours et Yous refusez de lui aliéner les coopérateurs de demain, vous ne vous renfermez pas dans un cercle étroit de sectaires. Hélas ! les circonstances actuelles ne sont guère propices à \'OSgénéreux sentiments. Au milieu de si grandes désillusions souffertes, tandis que les classes dirigeantes poursui\·ent leur chasse acharnée contre les réformes matérielles, ceux qui sont aujourd'hui le plus suiYi par les ouvriers ce sont malheureusement ceux qui leur font croire la victoire facile et prochaine, ceux qui leur prêchent la haine des classes et l'exterminatio~ do toute la bourgeoisie. Nous ne devons pas nous en étonner, dans tous les mou\·ements politiques, sociaux, religieux, même dans çeux qui triomphèrent, deux cou-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==