LE QUATRifa!E BANQUET DE LA « REVUE» 231 sentiments, aussi nous nous associons de tout cœur à vos aga;ies fraternelles; nous vous envoyons nos meilleurs vœux pour le succes grandissant de l'œune à laquelle vous êtes attache ; nous vous fèlicitons personnellement des soins que vous y apportez et nous vous sommes reconnaissants des sacrifices que Yous vous imposez pour répandre la parole socialiste afin de faire partager aux masses les idées vrl1-iesde Justice et de Liberté. Pouvons-nous, sous peine d'ingratitude noire, oublier le créateur et l'inspirateur de la Revue? N'a\"ons-nous pas le demi r, sans être taxé d'adulation, de profiter de l'occasion qui nous est offerte, pour exprimer fous les sentiments d'estime et d'admiration que nous inspire ce caractère si bon et si généreux 1 Ce nom est déja sur vos lèvres : c'est Benoît Malon. Certes, s'il est un nom qui soit cher à la cause socialiste c'est bien le sien. Trnvailleur infatig-able, esprit convaiocu, il suffit de lire ses œuvres, pour être émerveille de ki droiture ùe son cœur, de la fermeté de ses con \'ictions qu'il expose avec une lucidité remarquable pou1· la diffusion de l'idée socialiste. Sous sa plume brillante ltls idées les plus concrètes prennent une forme tangible aux lecteurs de la Revue. Aussi, au nom dP,Ssocialistes toulousains noui; vous prions d'adresser à notre cher maitre l'expression Je toute notre affection et uos souhaits nos plus ardents ponr que sa sante soit bientôt rétablie. Il est trop nécessaire à l'œuvre et nous avons besoin de toutes ses forces pour qu'il puisse porter un dernier coup â la société capitaliste. Remerciez aussi, cher citoyen Simon, tous les collaborateurs d,1 la Revue; dites-leur combien nous apprécions leur dévouement et Je talent qu'ils déploient tous les jours au serYice de li, cause des travailleurs. En t,erminant, soyez aussi uotre interprête auprès des con,·ives qui assisteront au banquet, dites-leur que notre cœur est avec eux et que uous leu,· adressons nos fraternelles salutations. Rece,·ez, cher citoyen Simon, une bonne poignée de main. LARRUE. Mon cher Malon, Bordeaux, le 22 juillet 1892. Jusqu'au dernier moment j'espérais pouvoir me donner la grande joie d'as3iste1· au quatrième banquet de la Revue Socialiste et fraterniser a1·ec cette pleïarie d'hommes de cœur et de penseurs que vous avez su réunir autou1· de Yotri, œuvre d 'elaboration philosophique et socialiste. C''eùt éte pour moi, en même temps qu'une occasion de YOusrenou,·eler ma profonde amitie, une Yéritable excursion dans un militlU qui n'est pas tout à fait cdui ou les circonstances de la Yie socialiste m'ont jeté. Autre chose doit être, en effet, de pouvoir s'adonner, dans une tranquill:(é d'esprit relative, aux passionnantes recherches de perfectionnement individuel et social, dans tous les sens, auxquelles nous poussent invinciblement Je dégoût des monstruosités qu'engendre Je régime capitaliste et la pitié pour tant de misères sans cesse et de plus en plus accumulées ; autre chose est la vie agitee et surmenante dans laquelle se trouve entraînée, avec une rapiditc vertigineuse, qui ne laisse presque aucune place à l'étude et aux plaisirs du goùt; le militant du mouvement ouvrier socialiste, le soldat de la lutte de classe. Cel'tains ont pu sou,•ent se demander quels étaient les plus utiles au dél'eloppement et à l'avancement du socialisme, de ceux qui, comme vous, à l'écar't des agitations de la vie militante, se confierait dans la propagande théorique a l'usage de l'élite de la soeieté bourgeoisie, ou bien de ceux que JeUI· tempérament ou que ltlur conscience des nécessités les plus urgentes pousse au milieu des masses populaires p◊1,1r les enrôler dans les rangs d'un
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