La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

230 LA REVUE SOCIALISTE (18ï8) aux récentes élections municipales du l" Mai qui ont pratiquement affirmé le prinripe. Le prolctariat, pour s'èmanciper, doit procéder à la conquéle des pouvoirs. publics. Et cda est commencé malgré les « Ravacho:ades >> qu'a si bien su exploiter· la bourgoisie lors des élecUons françaises du l" l\lai. Le Congres de Marseille, en septembre prochain, suivra l'époque d.: la, dèfinitive union des forces socialistes. Les marxistes comme moi, sans fanatisme et sans intolérance écoutent. attentivement les voix diverses qui s'élèvent des pages de la Revue Socialiste. La tendance éclectiquP. qu'elle représente s'explique dans une pèriode de transition elle démontre que la France compte toujours un grand nombre• d'idéalistes qui tendent gcnéreusement la main .aux prolctaires qui veulent s'élever. La France qui, a,·ant 1848, fut précurseur de tout le socialisme moderne, la France qui a donné à la cause du socialisn1e les inoubliables journées de Juin et de la Commune, la France entre dans la période historique du prolétariat militant international et personne ne racontera la Ti·oisième défaite· du prolétariat international (1). Salut et fraternité. Antonio LA BRIOLA. Cher Citoyen, Montpellier, le 20 juillet. Je suis n.alheureusement de ceux que l'éloignement et les occupations. quotidiennes empêcheront de prendre part à votre banquet du 23 juillet, Si j'avais pu ét1·e des vôtres, je vous aurais rappelé les liens de fraternelle sympathie qui unissent la Republique du Midi à la Revue Socialiste et je vous. aurais exprimé un vif désir de continuer avec B. Malon et ses disciples des. relations aussi cordiales. Je vous renouvelle· mon adhésion à l'œune sociale que nous poursui,·ons. et vous prie de croire à mes sentiments respectueux. Cher Citoyen Simon, G. LA<:HAPELLE, Directeur de la République du Midi_ Toulouse, le 20 juillet 1892. Le quatrième banquet· de la Revue doit avoir lieu samedi prochain; il faut la distance considérable qui nous sépare et l'obligation de suffire à notre tâche quotidieune, pour justifier notre absence à cette réunion ou tous nos amis, dans une pensée commune, fêteront les progrès incessants de la cause socialiste. C'est rnus dire combien ·nous regrettons de n.i pouvoir ètre au milieu de YOUS. pour presser vos mains amicales; mais la distance n'altère pas la force de nos (1) Il est ici fait allusiou au livre que notre rédactaur eo chef, ancien mem-· bre de la. Commune, publia au sortir de la terrible bataille des soixante-treize jours, sous ce titre : La Troisième défaite du prolétariat français. Les prolètaires s'étaient, en effet, levé en armes deux fois avant lSil. insurrection ouvrière lyonnaise de 1831 et insurrection de Juin; deux fois ils avaient été· vaincus, la défaite de la dernière semaine de mai 1871 etait bien la troisième; B. Malon aurait même pu dire la quatrième en comptant P1•afrial premicre insurrection de classe du prolétariat français, que les Thermidoriens refoulèrent et durenwnt réprimèrent eans aller toutefois jusqu'aux sauvageries sanguinaires des Cavaignac et des Thiers. •

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