La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

2.26 LA REVUE SOCIALISTE Cher citoyen Rodolphe Simon, Nantes, le 22 juillet l8U2. Je vous remercie de votre fraternelle invitation; j'ai espéré, jusqu'au der11ier moment, pouvoit· me rendre à Paris pour assistPr au banquet de la Rei;ne Socialiste. mais, à mon grand re~ret. je suis obligé d'y renoncer. Je n'en serai pas moins de cœur avec les socialistes qui, plus heureux que moi, vont s'entretenir dans cette agape fraternelle de leurs luttes et de 1eu rs espE'rances. La Société que nous combattons est basée sur l'injustice, la lutte entre les hommes, l'oppression des faibles par les forts et l'exploitation ùes travailleu l's pal' les parasites; elle ne produit que la misère et ses deux cons&quenccs immédiates: la d<\négérescence physique de l'homme et l'avilissement rie ~a per~onnalité: elle ne se maintient que par la corruption, le mensonge et J'I Yiolence. Grâce à nos idées, une transformation profonde va se produire qui fera disparaitre les souffrances de l'humanité. Seulement, pour hâter cette révolution bienfaisante, les socialistes doiYent oublie!' leurs divisions qui sont un dernier vestige ùe l'esprit bourgeois dont ils n'ont pas encore su se dépouiller entièrement; il faut qu'ils solidarii-ent leurs efforts et adoµtent une action commune. C'est, du 1·este, l'idée féconde que la Revue Socialiste et son vénéré directeur Benoit lllalon ont toujours défendue. Le Comitè Socialiste de Nantes m'a chargi<, de son côté, de vous t1ansmeltrc, en même temps que l'expression de ses sentiments affectueux, ses Ya:>uxprofonds pou1· que l'Union des forces socialistes se fasse Mflnitivement; s'il en était autrement, la marche en avant de l'humanité vers le socialisme serait entravée et nous assumerions, nous autres militants, une lourde rrsponsabilité vis-à-vis des innombrables malheureux qui att,mclent leur érna11c1pationet l'amélioration ùc leu!' sort. Vive le socialisme! A vous de cœur, Ch. Bau:-.1::1.LJERE. Mon cher Malon, Nîmes, le 21 juillet 1802. J'ai reçu la convocation pour le banquet de la Rei;ue Socialiste. A men grand regret, il m'est impossible ùc m'y rendre. J'aurnis bien aimé cependant connaitre d'une façon plus intime ceux qui sont mes frères intellectuels, les collaborateurs de la Rei;ue, que pou1· la plupai·t je n'ai jamais vus. Comme une penséô de très la1·ge éclectisme, doit présider à l'organisation de cette fête, j'espère que les députés socialistes sans distinction d'école, que lrs chefs de g1·oupe, tous ceux qui luttent pour la même cause, avec une tactique légl':l'"mcnt diflërente, seront réunilS C'e jour-là autou1· de la mème table fraternelle et confondus dans un mème sentiment d'estime et de confianrc 1·éciproques. li faut en finir, en effet, avec les vieilles distinctions surannées. li faut créer le grand parti de la Démocratie socialiste française qui criera à la b0111'- geoisie: Ton 1·ôle est fini. CMe la plare à l'ordre nouveau rie plein gré et pai· E'tapes successiYes. Sinon, ton aveuglement déchainera les r·olê1·esde la fùl'CP. Militants et penseurs vous êtes réunis. Prene,. aujourd'hui les décisions qui doivent hâter l'avènement des temps nou,·eaux. Je vous pl'ie, mon cher lllalon, de transmettre à tous l'expression de mes ardentes sympathies et d'agréer pour vous mes cordiales salutations. A. DELO:-..

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