214 LA REVUE SOCIALISTE <J(evue d' Eco110111pioelitique, relégué à l'écart le s..:iuelette scolastique pour familiariser Je lecteur Français avec les faits et gestes quotidiens de la science vivante et agissante; Je maître estimé qui, dans nombre de conférences et de brochures propage des doctrines franchement socialistes, qui, prévoyant sans grande tristesse une prochaine Révolution sociale y habitue par avance ses contemporains des classes privilégiées en écrivant : « J'ai toujours soupçonné que si un beau jour les « riches doivent être ruinés par une Révolution sociale,ils seront agréa- << blement surpris, - après un premier moment de saisissement bien << naturel-de se trouver beaucoup moins malheureux qu'ils ne l'avaient << craint. ,,, un tel homme a des titres à la vive sympathie de tous les socialistes et à la reconnaissance de tous les amis de la libre étude et de la libre science. Aussi est-ce du ton Je plus sérieux et le plus respectueux, avec leplus sincère désir de discerner la vérité, en nous gardant des traits d'ironie ou d'esprit faciles en un tel sujet que nous essaierons de répondre. Déblayons d'abord le terrain d'une question accessoire. Je n'ai ni écrit ni pensé que l'Association protestante tournât à la Jules-Si111011erie' uniquement ou principalement parce qu'elle a consacré une de ses séances à l'adoption de certains vœux inspirés par la Ligue pour Je Relèvement de la Moralité publique. Ce sont deux questions qu'il faut séparer complètement. Laissant de côté tout ce qui touche à cette Ligue, je remarque quel"Association protestante très socialiste à ses débuts, très hardie sous l'inspiration de MM. Fallot,de Boyve,etc., hostile résolument au salariat et à l'exploitation capitaliste, s'en tient aujourd'hui à une sorte de pbi!antbropie doucereuse, ce mol oreiller sur lequel repose agréablement l'hypocrisie des privilégiés. Les ardents, les généreux du bébut sont presque débordés aujourd'hui par les Anatole 'lJusaule (1) qui pullulent dans toutes les religions. ( 1) Vous dînez ce soi1 avec l'illustre Anatole 'Dusaule, membre de l'Académie des. sciences morales et politiques, President de la Société pour le relèvement de la famille et de la moralité publiques, Président de la Société pour la construction des logements ouvriers à bon marché, Président du Comité d'etudes pour la répression des abus de la mendicité, Président de je ne sais combien d'autres associations, institutions et administrations aussi humanitaires que baptisées de noms interminables ! Saluez ! C'est une Académie toute entière en une seule personne. Voulez-vous que je vous fasse son portrait? Au Physique, une face ronde et rose de bébé sexagénaire; des cheveux blancs élegamment éplorés ; un ventre paterne et bonhomme ; des mains grasses de prélat bénisseur ... Au moral, il est bénin, bénin, bénin I Le miel, l'orgeat, la tisane coulent: de ses lèvres comme l'eau d'une fontaine intarissable ... Il s'est installé dans la Philanthropie comme dans un fromage. Il en d~jeune et il en dine.- Le bonheur du peuple, messieurs. Le rôle social de la femme, mesdames. . .. - Rien d'agréable comme de· l'entendre disserter sur la triste conditions des ouvriers et des ouvrières ; et on l"entend
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