202 LA REVUE SOCIALISTE quelques socialistes, la frapperait au cœur et aiderait puissamment à l'édification de l'ordre socialiste qui sera fait de liberté éclairée de devoir consenti, de justice sociale, et de solidarité effective. Le réformisme social et la graduelle réduction des monopoles en services publics ont dans les économistes libéraux des adversaires autrement acharnés que les socialistes révolutionnaires et comme nous. allons le voir les motifs invoqués sont bien moins généreux. XXIX. - L'EcoNOMIE uBÉRALE ET L'INTERVENTIONISME ~oc1AL L'arg11me11tdes ico110111istelsibùa11x. - Ce q11'est réelle111e11lta liberté du travail e,r S)'Stè111ceapitaliste. - Crifiq11e de /'Ad111ù1isfratio11ac/11elle. - Les éco110111istic1s1terve11tio11isles. Les économistes libéraux ne s'en prennent pas seulement au socialisme réformiste, ils s'élèvent, au nom de ce qu'ils appellent hasardeusement, le respect de la liberté dn travail, contre toute amélioration légale de la condition des travailleurs. La liberté du travail? est-ce qu'elle existe dans le système de production capitaliste ou le prolétaire. sans garantie d'existence d'aucune sorte est livré par la faim à un patronat éperonné par la concurrence et qui n'a généralement à offrir au travailleur qu'un labeur exténuant, arbitrairement dirigé et mal payé? Est-ce que même pour la classe moyenne, il y a la liberté ; dans ce régime capitaliste qui de plus en plus env:thit tous les compartiments de la vie sociale, rejetant, toujours en plus grand nombre, le petit patron, le petit commerçant et le petit propriétaire dans un prolétariat toujours plus nombreux, toujours plus misérable. Que de fois les socialistes l'ont démontré l ce qui domine déjà aujourd'hui, ce qui sera le fait général demain, c'est l'asservissement de tous les travailleurs à des exploiteurs anonymes aussi puissants qu'irresponsablcs, et trop souvent impitoyables. Demandez aux employés des chemins de fer, aux ouvriers des mines, aux prolétaires des haut-fournaux et des grandes fabriques, aux salariés des d~ux sexes, à cette masse dolente si durement commandée dans l'atelier et qui s'exténue pour un salaire insuffisant et incertain, n'ayant en perspective que le lamentable dénuement d'une vieillesse abandonnée; demandez à tous les exploités s'ils se sentent bien libres sous l'anonyme tyrannie ploutocratique qui les opprime, les pressure et les dévore. Il ne s'agit plus de se payer de mots. Au point où nous en som-
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