La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

191 LA REYUE SOCIALISTE réalisation immédiate et possible même au sein de la société actuelle. (suit l'énumération des revendications premières)». Ce fut une sorte de thème, que paraphrasèrent invariablement tous les partis ouvriers qui s'organisèrent dans la suite; « La terre est la mère, le travail le père de tous les produits matériels et intellectuels, disent les Co11sidéra11fs du parti ouvrier socialiste hongrois ; tous deux sont donc la source de toutes richesses, de toute production. Tant que le sol et les instruments appartiendront à une minorité, tou1e culture et toute augmentation de richesse ne profitera qu'à cette minorité qui restera maîtresse de l'autre partie de la Société, du peuple non possédant. « Les propriétaires des instruments de travail, les possesseurs du sol et les capitalistes sont de plus, par leur situation économique, les détenteurs du pouvoir politique. << La division de Ja Société en possédants et non-possédants, en riches et pauvres, en dominants et dominés, n'est pas dans la nature. << C'est un résultat social. La nature n'a point mis les instruments de richesses entre les mains de quelques-uns et condamné les autres au role de machines destinées à procurer toutes les jouissances de la vie aux oisifs par sa force-travail. L'inégalité monstrueuse qui règne dans la société humaine est donc l'œuvre de l'homme et que tout ce qui est l'œuvre de l'homme peut être perfectionné». Les Co11sidéra11ts du parti ouvrier espagnol insistent plutôt sur la lutte des classes et sur la nécessité de la conquête du pouvoir politique par les Prolétariats ; mais le fond théorique est le même. Moins orthodoxes de forme mais autant de fond, les Co11sidéra11ts du parti ouvrier ,uisse: << La Fédératio11des Travailleurs en Suisse, s'efforcera, d'accord avec les ouvriers de, autres pays, d'arriver à l'abolition de tous les privilèges et à la réalisation d'une existence humainè pour tous, à l'établissement d'un état où tous travaillent pour la collectivité. Ceci étant impossible aussi longtemps qu'une partie des hommes seulement dispose de toutes les propriétés et que l'autre partie est complètement privée de toute possession, par conséquent, maintenue dans l'esclavage. par la classe possédante. << La FédérationdesTra·vnilleursen Suisse visera à l'abolition de toute propriété individuelle et à la re,;endication de tous les moyens de travail pour tous ». Remarquables par leur prec1s1on scientifique, qui n'en fait que mieux ressortir la parfaite orthodoxie marxiste, sont les considérants du parti ouvrier socialiste portugais dont voici le texte : << Considérant : << Qµe le développement de la production moderne, provenant de l'application des découvertes scientifiques dans les diverses branches de l'industrie, tend à socialiser le travail, annihile l'effort individuel sous l'effort collectif; « Que, en vertu des nécessités de la grande production, la plus

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