La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LUNDIS SOCIALISTES 195 grande ~i~ision ~u travail entre autres, tend également a transformer la capac1te techmque des travaillems, cela au grand préjudice de ces dermers; « Que la socialisation de la production sous le réo-ime actuel de propriété concentre toute la fortune sociale entre les mai~s de la classe capitaliste et livre les travailleurs à une exploitation morale et physique de' plus en plus intense ; « Que. par suite de ces conditions économiques de la société .actuelle, la classe ouvrière ne pourra s'affranchir de la domination du capital qu'en s'emparant, pour les restituer à la collectivité, de la matière et des instruments de travail. « Considérant aussi : « Que l'émancipation economique de la classe ouvrière étant in$éparable de son émancipation politique, les mouvements de cette classe doivent avoir pour but dans le moment actuel : « 1 ° Obtenir par tous les moyens en son pouvoir, la plus grande .somme possible de propriété collective, comme contre-poids à l'accumulation capitaliste. « 2° Se faire représenter dans toutes les manifestations politiques -et sociales, en s'organisant sociétairement dans le but de s'emparer du pouvoir politique, point de départ d'une organisation sociale dans laquelle chaque travailleur jouira du produit intégral de son travail. .. >• Après avoir reproduit presque textudlement le premier paragra- _phe du programme démocrate-socialiste allemand (qui a été récemlljent accentué au congrès d'Erfurth) le parti ouvrier belge ajoute: « Dans la société, tout le pouvoir est conféré au monopole des -capitaux ; les plus, beaux fruits du travail reviennent au riche, qui -cependant n'est pas producteur. La dépendance de la classe ouvriüe, -qui en résulte, est cause de toutes les formes de misère et de servitude. << L'affranchissement du tràvÎfü exige la conversion des instru- ·ments de travail conformément à l'utilité générale, ainsi que la distribuion équitable des produits du travail. << L'affranchissement du travail doit être l'œuvre de la classe -ouvrière elle-même, attenju que les autres classes ne sauraient con- ,courir sérieusement à ce progrès ... » Même argumentation, mêmes tendances et souvent même termiminologie dans les Considérants du parti ouvrier socialiste italien, du parti ouvrier socialiste hollandais, du parti ouvrier socialiste danois et -du Socialistic Labor Party, de l'Amérique du Nord. Les programmes des trois fractions du parti ouvrier français sont ·trop connus pour que j'aie à les analyser ici; mais l'on s'accordera pour reconnaître qu'ils s'inspirent de principes identiques à ceux des , programmes des autres partis ouvriers. • La politique suivie jusqu'à ces dernières années n'est pas moins uniforme, elle peut être ainsi résumée: La lutte des classes, latente ou manifeste étant le fond de l'histoire, le Prolétariat ou Qgatnème Etat doit s'organiser partout en parti de -classe, en acceptant toutefois les transfuges de la bourgeoisie et les volontaires des classes libérales,

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