La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LUNDIS SOCIALISTES , • H.)3 l'esprit germanique naissait le collectivisme appelé à tant de gloire,· mais qui allait subir quelques modifications. En effet, quand après la Commune de Paris les prolétaires de toutes les nations industrielles se réveillèrent pour créer ces redoutables Fédérations nationales reliées entr'elles qui font aujourd'hui quelque bruit dans le monde, sous le nom de Partis ouvriers, c'est le matérialisme économique de Marx qui triompha, ayant pour philosophie historique la lutte des classes, que jusque-là les prolétaires n'avaient jamais voulu accepter. C'est que les impitoyables répressions comme celle qui suivit les hécatombes de la Se111ainesanglante sont de rudes tueuses d'idéal et d'âpres fomentatr:ces de haines. l'ciffra1tcbisseme1tl des travailleurs doit être l'œuvre des travailleurs cux-111ê111es, avait déjà dit l'ln.ternationale, en réponse aux massacres de Juin, qui ont à jamais souillé le nom de Cavaignac. Prolétaires de tous les pays unissez-vous pour conquérir de baute lutte votre émancipation co11trtt tous les partis bourgeois considérés comme u11e111asseréactionnaire, direntles Partis ouvriers en réponse aux exécutions sommaires et aux déportations en masse dont M. Thiers porte la flétrïssante responsabilité devant l'histoire. Ainsi le réalisme allemand l'emporta dans les groupements ouvriers des Deux Mondes, sur l'idéalisme et le traditionnalisme celte. XXVI. - LES PARTIS OUVRIERS ET LEUR PROGRAMME. Jde11fitéde pri11cipe dé111011tpriar des citations de dijfére11tsprogra111111deesspartis ouvrius. • - U11ifor111iticorrespo11da11tdeu progra111111peolitique. . La pénétration de la doctrine marxiste dans toutes les organisations ouvrières ·des nations civilisées fut encore facilitée par la puissante organisation socialiste allemande qui sortie, en 1874, du congrès de Gotha, se basait sur les principes suivants: « Considérant que le travail est la source de toute richesse et de to'ute civilisation, et attendu que le travail utile n'est possible que par la société, le produit du travail tout entier appartient à la société, c'està-dire à tous ses.membres, sous la condition qu'à chacun incombe le devoir du travail. Dans la société actuelle, tous les moyens ou instruments de travail (Arbeitsmittel) ont été monopolisés par la classe capitaliste ; de là, la dépendance de la classe ouvrière, la cause de toute misère et de tout esclavage ... Pour émanciper le travail, il faut que les moyens ou instruments de travail deviennent la propriété commune de la société. « Le parti ouvrier socialiste de l'Allemagne demande comme de 13

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