178 LA REVUE SOCIALISTE Cela ne porte aucune atteinte que nous sachions, à sa prospérité industrielle. Nous allons voir à grands traits comment ces monopoles se sont implantés à Paris et ont pris de l'extension en province. Les débuts des compagnies gazières à Paris, qui remontent aux environs de 1816, ont subi la commune loi. lls ont été quelque peu difficiles. l\Iais l'ère des difficultés avait été rapidement franchie-et au moment où nous remontons pour apprécier leurs premier agissements, leur exploitation était prospère. En 1821, 1824, 183-5,l'exercice de leur industrie avait été réglé. Tout allait donc bien pour elles, sauf sui· un point. Elles se faisaient concurrence. Ce qui, chacun le sait, est, dans l'application, une gTa nde hérésie spéculative. Aus~i ces compagnies assez peu soucieuses de rester dans l'orthodoxie libérale lorsqn'elle les meurtrit, surent-elles prouv('r leur O!)portunisme économique en s'eflorçan t, à dater de 1839, de faire disparaitre cette cause de perdition. Fort ingénieusement elles avaient iotéress~ directement il leur entreprise de gros perso11nages, voire mème des princes de sang royal, et non moins habilement, elles surent user de leurs relations pour obtenir de la Yille de Paris un bon petit privill•ge: le droit exclusif, durant dix-huit années, de canaliser le sous-sol <le la Ville pour distribuer le gaz de houille destiné ù l'éclairage. chacune dans un quartier détermine'• et sans avoir A redouter la conc:urrence. Elles étaient six (l), la ville fut divisée en six périmi.•tres. Cela se passait en 1816. Quelques annôes après, 1850-1853, ces nièmes compag11ies <'nhardie'> par cc succès, se mirent à nouveau en instance. Elles commencèrent par fusionner entr'elles etc\ former ainsi une puissante coalition de producteurs, puis arguar;it de ce que les <'.:vénernentsde 1818 ne leur avaieut pas permis de réaliser d'assez g-ros bénéfices et invoquant les considérations les plus touchantes, celles <lu travail, de la famille, du sort des ouvriers, de la paix et de la prospérité nationale, elles sollicitèrent l'extension <le leurs privilèges pour un demi-siècle. L"édilité londonienne - non seulement avait refusé aux compagnies gazières en 1822 une concession ù temps, mais elle ( 1) Compagnies: L. Margueritte et Cie.- Française.- Parisienne. - De Belleville. - Lacarrière et Cie. - De l'OueH. Gcrants : MM. L. Margueritte et Cie. -- Brunton-Pilté et Cie. - Duboche! et Cie. - Payn et Cie. - Lacarrière et Cie. - Ch. Gosse lin et Cie.
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