LES GRANDSFIEFSMODERNES 177 Avec le gaz c'est bien autre chose. La compagnie, par son imprévoyance autant que par ses fastueuses distributions de divi- •dendes, a créé une situation périlleuse pour les dernières années de son exploitation. Ses bénéfices vout être réduits par·des charges accumulées à plaisir. Aussitôt l'on s'écrie que les revenus de la Ville vont de ce fait subir ttne atteinte. Et,sans même vouloir observer que la Ville trouverait une large compensation dans l'augmentation de ses perceptions sur les autres systèmes d'éclairage, qu'on s'empresse de•venir en aide à cette pauvre compagnie. Elle n'a encore distribué à ses actionnaires pour un capital, en actions réellement souscrites et libérées de qnarante-qu;i.tre millions. rien que la malheureuse somme de six cent soixante-quatorze millions de francs, vi teq u'on la mette en situation de leur distribuer à nouveau un bon petit Milliard, que sous le prétexte de fournir Un ù la Ville on l'autorise à prélever Cinq et plus sur le contribuable parisien. Que l'on ne nous taxe pas. d'exagération. Les faits sont là, patents, indéniables, connus de tous ceux qui ont quelque peu étudié la question. Depuis treize ans la démonstration en a été faite cent fois au Conseil municipal. Nul, parmi nos édiles, ne peut arguer de sou ignorance. Et, si à un moment donné il a pu être dit que les partisans des projets de convention avec cette compagnie étaient dupes ou complices, aujourd'hui des deux termes de ce dilemne il n'en reste plus qu'un. * * * Ici, qu'il nous soit permis d'ouvrir une parenthèse. Un rapide exposé de cette question du gaz devient nécessaire. Dans la première partie DES GRANDSFIEFS MoDERXES-. Le Mo1t0• pole du Gaz, - nous l'avons traitée au point de vue spéculatif et espérons avoir démontré combien le uouveau traité soumis aux délibérations du Conseil municipal serait funeste à tous les intérêt.s de la Cité. Dans un commentaire mis à la suite de cette étude, notre éminent ami Benoit Malon a stigmatisé ces monopoleurs. Mais cette question est si complexe qu'on ne pourrait trop en révéler les dessous. La question du gaz synthétise en elle.toutes celles qui se rattachent à l'exploitation des grands fiefs modernes, qui sont constitués par la concession, sons forme de monopole,du domaine national et communal qui de sa nature est inaliénable, savoir le sons-sol de la grande et de la petite voirie pour l'établissement des cana.lisations d'eau, de gaz, d'électricité, etc. Ces monopoles ne sont prospères qu'en France; le sol de la libre Angleterre, le pays du Self-help, est rebelle à sa culture. 12
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