158 L \. REYUE SOCIALISTE Dieu seulement que se trouvent la substance et la vie compl~te de chaque personne, l'être qui, en dehors de l'Etat, était un individu pour ainsi dire détaché et abstrait. devient dans l'Etat une personne substantielle; et cependant la personnalité ne s'évanouit pas; chaque homrnf>, autant comme « personne privée » que comme « personne substantielle » parvient ù, la pleine réalité, à l'entière pPrfection: « Sowohl als Privat wie als su bslantiell Personen wirklich sind >>. L'Etat est un organisme. c< Der S taat ist. organism us >>. Chez les animaux, il y a deux moments: d'abord la sensation abstraite et pour ainsi dire renfermfe en elle-même, comme les sensations occasionnées par l'absorption, la digestion des aliments, par la nutrition, la reproduction ; cela c'est la sensasibilité. Le second moment est lorsque l'animal se tourne vers les choses extérieures, se met en mouvent, et veut les saisir; cela c·est l'excitabilité. Il y a des a11imaux qui n'ont que l'excitaliilité. Cependant, si l'on compare ces déterminatiûnc; de la nature ave0 les déterminations de l'esprit, la famille est ponr ainsi dire une sensibilité renfermée en elle-mème; au contraire, la société civile est l'excitabilité qui se tourne vers l'extérieur. Dans l'Etat comme dans un système parfait dr nerfs, la sensibilité et l'èxcitabilitù sont tellement liées que chaque citoyen vit en même temps de sa vie propre et de la vie universelle. Cette comparaison <le l'Etat à un organisme, qui a été si souvent employé, se trouve,je crois, pour la premil:irc fois chez Hegel. Et, puisqnc chez Hegel l'Idée se distingue en moments et différences, il ne fant pas s'étonner si l'organisme n'est autre ~hose que l'Idée se répartissant dans ses diversités. - Comme <lans un 01·ganisme il n'y a a11cun organe qui ne puisse <\Lredit te fondement des autres membres et organes; cet organisme est ~stomac, b:'as ou cervrau, mais, pris dans son ensemble, il est la base de l'organisme tout entier; de même l'Etat ne peut être r:imené, comme à sa base fondamentale, à tel on tel organe de l'Etat, pouvoir exécutif ou pouvoir lég-islatif; l'Etat est la base de l'Etat; il est défini par sa propre essence. De même Dieu n'est pas défini par tel le ou telle énonciation. Connaitre Dieu, ce n'est pas dire: Dieu est ceci ou cela; c'est saisir la vie ellemême de Dien et pour ainsi dire le procès de Dieu. L'Etat est donc quelque chose de divin. Partant l'on peut -définir les rapports de la religion et de l'Etat. Ceux qui posent la religion comme la ùase nécessaire de l'Etat se trompent lourdement, car l'Etat tire de lui-même sa légitimité et sa divinité. D'ailleurs la religion peut dégénérer en superstition et devenir si bien un danger rour la liberté et la dignité de l'homme que
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