LA REVUE SOCIALISTE donne naissanee aux fanatiques politiques et religieux. En politique ils reveHdiquent une liberté pure et indéterminée, se suffisant pour ainsi dire à elle-même, et ils dressent une vaine idole de liberté vide. En religion ils suppriment leur volonté propre et déterminée, afin de s'abîmer eux-mêmes dans l'infini d'une volonté indéterminée ; d0 où la stupide contemplation des Brahmanes qui désirent se perdre en Brahma et devenir Brahma. Il est donc nécessaire que la volonté franchisse ce premier degré de la liberté indéterminée ; comme cette volonté indéterminée est négative, il faut qu'elle sïncorporr quelque chose de solide. Or, par la négation de la négation, c'est-à-dire de l'indétermination, elle ùeviendra positive. En chaque homme la volonté indéterminée se trouve déterminée vers un seul état, vers une seule nature-de volonté. Mais cette détermination n'est pas la mème que si la volonté indéterminée n'avait pas (té posée et affirmée auparavant. Lorsque la volonté, considérée en principe et d'une façon abstraite, se renferme ensuite dans les limites de la détermination, elle garde cependant sa substance infinie et tend vers un absolu qui n'est déjà plus vide et vain, mais plein et déterminé. Elle ne s'arrêtera pas éternellement à ce degré de volonté individuelle. D'universalité indéterminée, la volonté a été transformée en individualité (BesonderhE>it) ; mais elle retransformera cette particularité individuelle en universalité. Enfii,, à ce moment de liberté qui« est riarticularité », répoud une certaiue rt'-gion définie de droit, une certaine sphère, comme dit Hegel. Car, avec l'individualité de la volonté commence ce que l'on appelle libre arbitre. Le libre arbitre existe d'une certaine manière; le fait que je puisse faire ce que bon me semble découle de lïndétermination première de la volonté. Mais ils se trompent lourdement ceux qui placent la véritable liberté dans le libre arbitre; ils ignoreu t et la liberté, et le droit, et la moralité. Lo libre arbitre qui ne suit pas la loi normale est le hasard ; alors ce qu'on appellf volonté libre dépend du sort et lui est asservi. Ainsi il y a une contradiction immanente dans lt> libre arbitre, car il reproduit lïndétermiuation première de la liberté jusque dans l'indiviùualité et en cela il est dans la vérité, mais il livre cette liberté au hasard, et en cela il est dans l'erreur. Donc la volonté sera seulemenL libre, lorsqu'elle aura soumis son individualité à la loi universelle, de façon à ce quo l'individualité elle-même fût universelle et véritablement infinie et libre. Dans cette sphère de l'individualité, avec le libre arbitre se rencontre la propriété (Eigenthum). Les hommes possèdent et
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