118 LA REVUE SOCIALISTE Gromier nous conte ensuile la vie en celle vermineuse prison, sous la surveillance de ce Cérel de la :Noze qui ful le digne serviletï.r des Tliiers el des GallifeL Nous l'espérons bien ceux donl nolre ami invoque le lémoignage Bauër, Jaclard et nolre vaillant collaborateur Brissac, Pnlre aulres, diront à leur lour, bienlôl, ce qu'ils ont souffert dans celle géJle. Jl importe en effeLque la vérité soit connue Loule entière, il faut que ceux qui sonl morts et qu'on a méconnus,et qu'on a calo:nniés soient 1·éhabilités, vengés dans l'opinion des IJommes. 6 Septembre. A cinq heures du matin, réveil. Comment ~e laver? ProlJl""mc. On se lave ceJlendant avec un peu d'eau ,·olée à la fontaine du jardin 1woisinant notre fenêtre, A sept heures, distribution C:e bouillons. Impossible de voir quelque chose de plus repoussant et pas de réripient, du 1·este. A huit heures, viande froide bouillie et pain. Toujours ni couteaux, ni fourchettes, ni cuillères, ni gobelet. A quatre heures, on fcrn semblalJle distribution sans fournir davantage de rnissellc. L'orangerie, depuis le 1,w juin, à drjà abrité envh·on 2000 prisonnie1·s :le passage; nous sommes au 6 septembrc. Depuis trois mois et plus, l'administration tles prisons militaires de Yersailles n'a pas su encore trouve1· le temps d'étnl,Jir des cuisines à l'Orangcri~, et de fournir les détenus d'eau, ,rust<>nsiles dc ménage, de couvertures et d'habits. Force est à ces mishablcs de faire tout 11pporter du dehors, quanrl ils ont de l'argent. de mou1Tir de faim et de vermine quand ils n'ont ni monnaie de poche, ni vêtement de rechange. OcuJCfois par jour, matin et soir, les habitnuts tif' chaque travée ont une demi heure de prom<>nade,dans la grande allée du jardin potager qui s'étend le long de l'Ornngerie. A.lors du haut de la terrasse supérieure. messieurs !es membres de l'assemblée, dite nationale, viennent contempler leurs ennemis vaincus et les douces épithètes de: ~ Fripouilles, crapules, voleurs, ).létroleurs, bandits, ,> sont prodiguees par messieurs les honol'ables versaillais, aux citoyens de Paris. Puis, tous les étl'angers arl'ivent al.tirés pal' Je bruit de ces imprécations; alol's Jean Brunet, Tirn1·d, Paul Cottin, Lucicr, Drun, Dutemple, llekastel s'a,·ancent et s'adressant à la foule des curieux : « Yoye:r.-vous, discr,t-ils, comme res communards ont des figur~s hideuses ! Peut-on trouve1·, ailleurs. plus sinistres types d'incendiaires et d'assassins 't » Badauds d'applaudil' et de répéte1·, 1·endus au milieu de !cul' foyer;: « Oh I ces pétrolcul's ! Quelles facc11de coquins. » Ainsi se font les légendes. Neuf heures. - Ecce homo: Céret de la Noze se présente es..:orté de son peloton d'exécution. On appelle : Courbet, Ma1·oteau, Gromier. Nous appro- <'hons. Courbet t1·emble un peu, c'est à lui que l'inventeur de la fosse aux lions s'adresse. - Chiens, rochons, coquins I Yous voilà donc? Faudra voir à marchc1· droit ici, ou gare la Fosse 1.... Hein? Qu'est-ce que vous dites 'l Bouge1. donc un peu poul' qu'or. vous fouette! ... Ah! ah I ces lJeaux messieurs l lis font de l'épate! On va vous en donner de l'épate, à !'Orangerie. S'adl'eesant aux quatre cents de la travée :
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