La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

JOURNAL D'UN VAINCU 149 ....::E. h! bien, vous au'tres ! Pourquoi vous taire? Criez donc comme hier: ·<< Vive Courbet I Vive Maroteau 1 ' Aux sentinelles : . - Vous entendez 'l Si le plus léger mouvement se produit, fusillez-moi -<l'aliot·dces trois drôles 1 N'est-ce pas que ce tableau est d'une extraordinaire navrance ? Comme on le voit la répression communaliste ne fut pas bornée à la semaine fameuse. Le martyre a dnré plus longtemps. C'est l'année sanglante qu'il faudrait dire pour -être exact. De quel opprobre l'évocation de·ces douleurs marque les bour- .reaux ! Et c'est un chroniqueur qui n'est pourtant pas des nôtres, lui non plus, qui écrivait, ces temps passés,que Ravachol auprës -de ces Torquemada paraissait aussi pur que l'hermine. Et encore nous n'avons pas tout cit.é, et encore Gromier luimême n'a pas tout dit. Nous avons laissé sous silence, pour ne point dépasser le -cadre d'une étude bibliographique, les chapitre sur Satory, la Maison de correction,l'Hôpital militaire qui sont cependa.nt bien intéressants. • Eh I bien, cette saignée dont vous porterez à jamais l'infamie, ô gens de la bourgeoisie, soutiens du pouvoir, qui n'avez point su appliquer la uaie loi d'amour et dcjustice, croyez-vous .qu'elle ait bien servi vos intérèts? A peine libre, .Gromier, criait comme Lous les héros de la -Commune, do!1t,la vailhrnce est pour nous, les jeunes, un salutaire exemple: a. Il y a par bonheur, dans les vaincus, dans les ouvriers, ra venir le prou vera, des f01·cesincompressibles dont on n'aura satisfaction qu'en les dirigeant, .au lieu de les poursuiv1·e· à outrance. Quoi qu'on fasse, à Satory ou dans les géoles, la sève prolétaire monte invinciblement dans l'arbre de la nation française; lï93, lui aussi, l'avait ébranché; les vieux rameaux ne revct·dis- -sent plus, mais les jeunes pousses ne sauraient toutes périr, et la sève prolétaire les grossfra. » El cette quasi prophétie se réalise. Cc dernier chapitre du Jountal d'un vaincu intitulé Après .l'action, est une des plus nettes et des plus éloquentes justifications de la Commnne et on nous permettra d'en extraire une -dernière citation. Ces élections du 2ü mars 1871, pourtant, sont loin d'avoir été un signe de décadence, et nous ne voyons pas où M. Thiers a pu tro.uvet· en elles la dècré- . pitude physiologique et psychologique dont il s'est tant indigné alors. Benoit Malon, Jourde, Theisz, Av1·ial, Verdure, Varlin, Dereure, J.-13. Clèment, etc., rep1·ésentaient très bien ce qu'ils devaient représenter. On l'a franchement avoué dans Ùn ouvrage fort peu indulgent, cependant, pour les hommes du 18 mars : la Commune devant la justice ;

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