La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

JOURNAL n'uN VAINCU 141 tiques; en 18i0, Gromier se trouva de rechef condamné à cinq ans de prison pour avoir, dans un banquet, lu le toast à la petite balle, de Félix Pyat, dont il avait été le secrétaire. « Le 4 septembre le trou va sous les verrou x et le délivra. Chef de bataillon des gard-es-nationaux pendant le siège de Paris, le 18 mars voulut en faire un membre de la Commune. Mais il refusa de siéger dans l'Assemblée Communaliste et ne voulut accepter avec Millière, durant la période insurrectionnelle,q ue les fonctions officieuses d'administra.teur du rxc arrondissement. )) A vraiment parler, Gromier se tint donc en dehors du mouvement communaliste, mais il était gendre de Brunereau, il avait été secrétaire de Pyat, il n'en fallut pas davantage pour le désigner aux colères de la réaction. Il venait de se marier, et il nous conte, dans son journal, - toutes les inquiétudes, toutes les douleurs de la séparation, aussi toute la vaillanee de sa femme, une vraie citoyenne, digne fille de l'honnête Brunereau, et c·est là de bien tendres et bien humaines pages qui prouveraient toute la sincérité de l'auteur, s'il en était besoin - qui prouveraient en tout cas qu'il n'est pas un sectaire, un forcené, un buveur _desang. Après ces quelques mots indispensables, il ne me reste plus qu'à copier le livre de Gromier. Les troupes sont entrées dans Paris le 21 mai. On se bat partout. La ville brûle. Gromier au milieu de l'horreur de la cité prise d'assaut. a de persounelles inquiétudes sur le sort de Brunereau, son beau-pl::re: qu'on croit fusillé. Versaille& triomphe. Les infâmies •commencent. Toute l'immondicité bourgeoise se découvre une fois de plus. Ah ! les ignominieuses lâchetés. - Je cite: « Les journaux reparaissent dans mon quartier; je ne puis en interdire la .lecture à ma femme et je tremble qu'elle ne découvre trop tôt la nouvelle affreuse à laquelle je cherche à la préparer. « Ces journaux sont ignobles, il ne prêchent que repressailles, vengeance, assassinats. - Pauvre Paris! « On fusille toujours, et partout, sommairement, sans la moindre forme· de procès, sur la simple dénonciation d'un étranger, sur le plus petit soupçon, par passe-temps même! Et. femmes, enfants, rien n'est épargné ! )> 27mai. C'est fini dans Paris. A Belleville, au faubourg du Temple et au PèreLarhaise s'achève le massacre. Les vengeances et les représailles se poursuivent. Je vois passer les. bandes d'assassins, ruisselantes de boue et de sallg mêlés.

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