La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

JOURNAL n'uN \>AINCU '· JOURNADL'UNVAINCU (l) Il y a quatre ans, nous écrivions ce qui suit au début d'un • article intitulé : La Commune et la Litterature (Revue Moderrte du 26 juin 1888): « L'épouvantable répression de l'insurrection communaliste, les flots de sang dans lesquels, les Gallifet, les Vinoy, les Boulanger et autres pandours noyèrent le réveil d'indépendance de la grande cité, semblaient, avec l'horreur mise au cerveau des témoins, avoir clos les bouches. Les iufàrnes massacreurs de 1871 pouvaient, il le paraissait, jouir iuipunément de leur vie, sans remords. Ils comptaient sur le silence des morts, des fusillés et des victimes de l'exil, ils comptaient sur la complicité des transfuges, ils avaient compté trop vite sur le mutisme éternel des survivants, trop vite aussi snr l'indifférence de ceux qui, sans avoir pris aucun parti, en haine d'nne lutte fratricide ont néanmoins assisté jour par Jour aux ignobles exécutions de mai. » • Léon Cladel et Richepin venaient de publier l'un Raca et l'autre Césarine, deux œuvres où se ·trouvait jugé, d'une façon vengeresse, ce que par une bien sanglante ironie on a dénommé le Triomphe de l'ordre. Les pages que Léon Cladel consacrait à Rodolphe Bresdin, à Jules Héreau, à Audré Gill, dans un éloquent chapitre intitulé Vœ Victis; et la fin de. la Césarine, de Richepin, nous avaient paru être autre chose que de la littérature. Selon nous, c'était déjà la condamnation de l'Histoire ; nous eu avions la conviction,. d'autres témoignages surgiraient plus accablants encore. Mon excellent ami, M. A. Gromier, le fondateur del' Ul1,ion (1) Journal d'un Vaincu, recueilli et publié par Pierre de Lano. - Victor Havard, éJiteur.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==