102 LA REVUE SOCIALISTE Paris, sous prétexte qu'il était impossible de les accorder sans nuire au service. Or, à la mème date, dix employés de Dijon obtenaient des. permissions pour d'autres villes que Paris; à Rennes, trente employés partaient en congé ; à Toulouse, un agent ayant le même emploi que le délégué au Congrès, pouvait quitter son service; à Orléans,. même fait. Les Compagnies continuent à mener la guerre contre les Syndicats par tous les moyens. Les syndiqués de P.-l,,.-M. sont persécutés. On les envoie à l'autre bout du réseau dès que leur qualité est connue. lis n'osent pas s'abonner au journal du Syndicat. De plus, on persécute les ouvriers révoqués lors de la dernière grève. On interdit aux entrepreneurs qui travaillent pour les Compagnies, d'occuper ces hommes-là. Millerand cite à ce sujet un ordre typique enjoignant à un entrepreneur de se débarrasser d'un ouvrier, dont on donne le nom, coupable d'avoir participé à la grève. Tant il est vrai que dans notre société il n'y a pas de liberté pour les salariés et un pouvoir presque royal pour les détenteurs des moyens de production et de la fortune publique. M. le Ministre des travaux publics a répondu, comme toujours, par de bonnes paroles, et l'incident a été clos jusqu'au jour où les. exploités le rouvriront un pw brutalement peut-étre. M. Moreau, député du Nord, a appelé l'attention sur une autre forme d'oppression patronale, l'oppression religieuse. Il a montré lui aussi que la liberté de conscience est un vain mot, dans les pays de grande industrie et que si cette liberté si précieuse existe pour les possesseurs du capital, elle est nulle pour les humbles travailleurs, obligés de subir la volonté despotique de leurs maîtres. Au moyen-âge, pendant la féodalité, la propriété du sol conférait aux seigneurs la souveraineté. Il en est un peu de même aujourd'hui, malgré les fières devises qui sont ins.:rites sur nos monuments. Ceux qui possèdent les.fiefs capitalistes, sont, malgré les lois et par la force même des choses, de vrais souverains. Ils réunissent en leurs mains. le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel. M, Moreau a montré les patrons catholiques du Nord constituant un syndicat non po11rrnivi mais illé.t?,al, puisqu'il contient des jésuites, des curés, des prêtres étrangers, un colonel en retraite, un instituteur retraité. Voilà certainement des gens qui ne sont pas unis pour la défense d'intérêts professionnels communs. Les parquets n'ont cependant pas exigé la dissolution de cette association illégale, parcequ'elle est formée de patrons; ils réservaient sans doute toute l'ardeur de leur zèle pour le Syndicat ouvrier de Ronchamp, que l'on a forcé à se dissoudre sous prétexte d'illégalité, parce qu'il comprenait un certain nombre d'anciens ouvriers, ayant cessé depuis peu l'exercice de leur profession. Une interpellation sur ce sujet a été port~e à la tribune.
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