LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS 101 . -ces classes intermédiaires qui, ne voyant que leur intérêt le plus immé- -diat, soutiennent de toutes leurs forces l'ordre économique actuel. ·Ruinés ou menacés d'une prochaine ruine, les petits commerçants .comprendront'enfin et viendront grossir l'armée révolutionnaire. Allons ! messieurs les sénateurs, continuez à nous faire de la Révolution sous prétexte de conservation. M. Marcel Barthe, défenseur dévoué de la petite bourgeoisie, a présenté un amendement, d'après lequel les ouvriers seuls pourraient être h1embres des coopératives de consommation. Car on a signalé que _-des rentiers, .des propriétaires, des fonctionnaires, des officiers ont constitué de petites sociétés de ce genre à leur profit ou ont adhéré aux .sociétés ouvrières dèjà créées. Cet amendement a été repoussé, mais le Sénat a adopté une modification au texte proposé. D'après cette modification, il sera impossible à des commerçants en gros de profiter, dans un intérêt purement commercial, des avantages fiscaux très considérables qui seront concédés par la présente loi et qui leur permet- .traient d'éviter la plupart des impôts prélevés sur le commerce. Voici le texte adopté : << Les sociétés coopératives de consommation qui ont pour but -<< l'acquisition par la société de toutes denrées, marchandises et autres « objets destinés aux besoins personnels des sociétaires ou aux besoins -<< d'une profession ou industrie non sujette à patente ... » (paragraphe 1er de l'article 1er). 1 I. La Chambre des députés a consacré de nombreuses séances à une discussion un peu confuse sur les Caisses d'épargne ..Nons renonçons à regret de traiter cette épineuse question qui nous entraînerait à de trop longs développements. Mais il s'est produit deux questions ou interpellations qui touchent directement aux intérêts les plus directs de la classe ouvrière et du parti S(,cialiste. Notre ami Millerand, dont la parole virile et honnête est toujours prompte à servir les bonnes causes, a adressé à M. le Ministre des travaux publics une question au sujet du refus des grandes Compagnies de Chemin de fer d'accorder des congés aux ouvriers et employés de -ces Compagnies, chargés par leurs camarades de les représenter au Congrès de Paris - dans lequel devaient être examinées les questions -qui touchent au sort des employés de la voie ferrée. Les grandes Corn- . pagnies se sont entendues pour refuser toutes les permissions pour
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