La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

100 LA REVUE SOCIALISTE Cet essor a été beaucoup plus rapide encore, dans ces dernières années, grâce aux. dispositions liberales de la loi du I" Mai I 889, qui a eu les plus heureuses conséquences, au point de vue de la coopération, en Allemagne. Les progrès sont tout aussi importants dans d'autres pays, relativement au chiffre de la population, notamment en Belgique, en Suisse, en Italie, en Hollande, en Autriche, aux Etats-Unis. Que certains esprits aient cherché à la detourner de son véritable but, nous n ·en disconvenons pas ; mais ce qu'il y a de certain - et !"expérience l'a démontré - c'est que la coopération n'a rien de commun en fait ni avec le communisme ni avec les doctrines socialistes révolutionnaires d'aucune sorte. Ce qui est non moins certain, c'est que, de tous de les systèmes qu'on a imaginés pour l'amélioration pacifique de la situation des ouvriers, aucun n'a transformé aussi sensiblement les conditions économiques du travail moderne ; aucun n'est susceptible de rendre d'aussi réels services que la coopération conduite avec zèle, avec prudence, avec intelligence. ('Très bien! très bien r à gauche). Elle contribue, comme le dit M. Léon d'Andrimont, dans son remarquable ouvrage sur la coopération ouvrière en Belgique, à ramener les classes laborieuses au sentiment de la responsabilité, à l'amour de la famille, au respect de la propriété. Elle est, comme le disait, il y a bientôt cinquante ans, Casimir-Perier, 1111 des plus lÛrs el des plus gé11ireux remèdes co11/re les erreurs el les périls d11socialisme ... Nous espérons bien au contraire qu'une loi libérale sur la coopération fournira au socialisme un moyen nouveau pour attaquer et pour détruire la société capitaliste, conformément au bel exemple donné à Gand par cet admirable organisateur et ce dévoué socialiste qui a nom Anseele. La plupart des bourgeois qui vantent ces associations sont guidés par le secret espoir d'en faire un antidote du collectivisme et du communisme. Pour nous, les coopératives socialistes mettront aux mains de la classe ouvrière un instrument puissant d'émancipation en faisant l'éducation administrative des prolétaires les plus intelligents,. et en procurant au parti socialiste ce qui lui manque le plus: !',Argent. Dans le cours de la discussion que nous ne pouvons qu'effleurer, 0:1 a parlé longuement de la concurrence déloyale faite au petit commerce par les sociétés de consommation. - M. Lacombe a parfaitement refuté cette objection. Mais d'abord nous allons, nous reproche-t-on, créer une concurrence au petit commerce. Il est incontestable que toute société coopérative est destinée à faire concurrence au commerce ; sans cela elle n'aurait pas de raison d'être. Sans doute, ceux qui gagnent leur vie en exerçant le commerce sont dignes de tout intérêt ; mais on ne peut pas, leur sacrifier toute economie et tout progrès. Si le petit commerce continue à rendre des services, il subsistera ; s'il devie11t i11utile, par suite de /"cx/e11sio11très grande des sociétes coopératives el p:ir suite de l'éco11omieque ces iociétis apporteront aux consommateurs, il devra disparaître e11 tout 011partie. Ce serait sans doute une co11séque11cetrès regrellable pour cc11x qui auraient à m souffrir, mais telle est la marche 11écessaire d11 progrès; 01111cpourra pas plus regre/ler celle dispm·ition, que celle des maftres de poste, e11/raî11éepar le développemwt du résc.w des chemins de fer. Ajoutons que la ruine du petit commerce essentiellement individualiste et opposé à toute organisation sociale de la production et de la distribution des marchandises, amènera la disparition d'une ct·e·

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