La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

91 LA REVUE SOCIALISTE tent un jour nouveau sur des épisodes peu connus de la Révolution fran- <;aise. Les historiens hourgeois les ont passées sous silence. Les éc1·ivains du prétendu socialisme chrétien font de mème, espéra,,t ainsi, aux yeux du peuple, jeter la dPfaveu,· sur les actes de la Convention et de la Commune. Il est regrettable que les Marxistes les imiteut et considè1·ent en bloc la Révolution française comme un mouvement purement bourgeois. Après le 9 thcrmirlor, la réaction ma.ltresse de l'Etat renia les mesures sociales prises à l'instigation des clubs en faveur du peuple et revint au.: sophismes libertai1·es des économistes. Napoléon l"', Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe. la seconde République, Napoléon Ill, la troisième République les imitèrent et chacun. à des titres différents, cont1·ibuèrent au triomphe de la féod~lité capitaliste et à la constitution de la grande industrie et du grand eommerce. Cependant devant la misère grandissante des nations, devant les protestations ,les sorialistes, les dirigeants bourl\eois sont obligés d·entre1· dans la voie de l'intcrventionisme. L'Anglete1·re eue-même, cHte terre classique de l'initiative individuelle, s'est avancée fort loin en matière d'hygiène sociale. Aujourd'hui. on constate ce fait, que la richesse d'un pays est en raison directe des progrès de sa législation ouvrière. De même qu'à l'époque ries invasions barbares, au V· siècle de l'è1·echrétienne, l'ana,·rhie mihta11·e de l'empire romain entraina la constitution de la féodnlité du ~lo~·en-Age; de mèmc l'anarchie indust1·ielle issue au XIX' siècle ,les écrits des éMnomistes 01·thodoxes, de la concurr~nce économique et de la liberté illimitée du travail entraina l'apparition de la féodalité capitaliste. lllais les abus de cette féodalité sont tellement scandaleux qu'un vent violent d'inte1Tentionisme s'élève contre elle. A l'heure actuelle l'interventiunisme s'impose aux gouvernements. Demain le service public socialiste s'imposera dans toutes les branches de l'industrie, du commerce, des moyen~ de trnnsports, etc., où le mvnopole par la simple évolution de de la propriété eontemporaine a tuJ la concurrence d la liberté illimitée du trav'1il. SocIALIS)IE ET CATHOLICISME. L'Eclaireur de la Vienne ne croit pas que l'on puisse jamais compter les catholiques parmi !es socialistes sincères et il le démontre par des citations bien significatives: L'action sociale de l'Eglise est jugée sévèrement par des catholiques militants qui ne croie11t pas à son eflicacité. C'est Edouard Drumond qui dit: « En <it<finitive.tout (le programme (!Cs soi-disant socialistes chrétiens) « se 1·éduit à des pa1·oles de résignation : è'<evous révoltez pas, prenez vot1·e « mal en patience; le Lon Dieu vous attend là-haut, prèt à ouvrir la porte « du Paradis aux p1·olétaircs qui uu1·ont été bien sages, qui n'auront pas « demandé d'augmentation de salaires et qui auront toujours payé leur terma « avant midi. • Les catholiques exercent une sorte de police supérieure de~tinéc à faire • tenir tranquilles les prolétaires en leur pal'lant du ciel. ,, C'est ensuite un autre catholique, M. de La Tour du Pin, qui avoue mélancoliq ucmen t que : . « L'Eglise n'a pas la vertu de sauver tous les hommes; et la prépara• • t1on mornle à recevoir l'Evangile qu'elle a rencontt'ée chez les peuples « primitifs contemporains de l'èt·e chrétienne, n'a guère de rapport avec l'état « rntellectuel, physique et social du proléta:·iat moderne . ., Ces témoignages ne sont pas suspects venant de catholiques sincères, mais ùésillusionés. COXTRE L'ART POUR L'ART Dans l'Endehors du 20 décembre nous trouvons la signature de Réué Ghil sous un article étiqueté : Poésie utilitaii•e.

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