La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

REVUE DE LA PRESSE 93 souhaitons. au rontrai1·e. que cette somme soit remise le plus promptement possiùlc à la disposition des intéressés. Ceci dit pour bien établir que no11sapprouvons hautement l'acte de solidarité qui permettra aux malheureux orphelins d'avoit· au moins un moiceau de pain san~ qu'il leur soit besoin d'aller tenrlre la main rie porte en po1·tc, il nous sera cependant permis rie trouver étrange que chaque fois que ces catastrophes se produisent l'on soit obli~il de faire appel à la charité publique et que les compagnies responsables ne res hé, atornbes ne soient immédiatement mises en demeure de subvenir aux moyens d'existence de tous ceux qui ont perdu leurs soutiens. En quoi! l'Etat aura donné la propriété nationale à ries com/mgnies qui s'en serviront liour se ct·éer d'immenses revenus en exploitant e public et en pressurant es malheureux mineurs: rt lorsque, n'ayant en vue que le luc1·e, sans se soucier de la vie des travailleurs, elles au1·ont, pour s'évite1· des Mpenscs, fait de nos mines de n'ritables magasins à grisou. en n'exécutant pas les remblais prescrits par la loi : lorsque. par l'appât d'un di,·idende toujours de plus en plus élevé, elle auront négligé les moyens de prése1·rntion les plus élémentaires et qu'une catastrophe se produit·a, ce sont encore les exploités, les contribuables qui seront obligés de "enir en aide aux mères, aux veuves aux orphelins de leut·s malheureuses victimes. Il en est et il en sera toujours ainsi en régime capitaliste, l'exploiteur peut, à son gré, sm·mener la machine humaine, spéculer, agioter sur la vie des citoyens ,ans encoul'ir la moindre responsabilité, tant qu'il y a des bénéfices, il empoche; mais. si l'exploitation pousst<e à outrance entt-alne à une catastrophe, à un massacre, ce sont les travailleurs qui paient. lllessieurs ies capitalistes ont remplacé l'ancien pl'Overbe: « Les conseilleui·s ne sont pas les paye1'1's •• pat· cet autt·c beaucoup plus d'actualité: • Les massacreurs t1e sont pas les payeurs ». CAMÉl.l:SAT. U:Œ COXFÉRESCE DE GUST.\ VE ROUAXET. On lit dans le Prolétaire du 26 décembre, signé II.Galimcnt: Mardi derni~r a eu lieu, à l'Institut d'Ethno,.,raphie comparée, 89, rue "1outTetard, la troisième leçon du cours heMomadafre, public et gratuit sur les Mensonges couventionnels <lela ciYilisation capitaliste. Le citoyen vust.we Rouanet. conseiller municipal, rédacteur à la Revue SQciu.listr, a parlé, en retraçant l'hisloirc du régime capi!.'lliste, sur la concurrence économique et la liberté illimitée du travail. La science économique, dit le citoyen Rouanet, no devint une branche spëciale de la politique que vers le milieu du siècle dernier a,·ec l'avènement ,lu régime manufacturiet'. Les physiocrates français et les économistes de l'école anglaise furent les premiers théoriciens rie la nouvelle science. Avant eux, il est vrai. dans l'antiquité, Platon, Aristote, Xénophon, s'étaient occuptSs de la science des richesses. Mais le terrain économique n'était pas encore sunisamment préparé pour leur permettre de fournir deJ œuvrl's d'une portée tout à fait scientifique. Les économistes du siècle derni~r s'élevèrent contre Je rdgime des jurandes et des maitl'Îses dont la réglem~ntation surann~e constituait un puissant obstacle à l'ex tension de l'industl'Îe et du commerce. Pendant la première partie de la Rérnlution française ce fut en poussant les doctrines des économistes j•isqu'à Jeurs dernières conséquences, que les assemblées politiques édictèrent des peines sévères r,:mtre les coaltLions ouvrières, et mirent, au nom de la liberté, le salari.l sans al'mes en présence du puissant capitaliste. ll faut lil'e dans l'Ami du Pei,ple. de Marat, les doléances des ouv1·iers maçons qm montre dans quelle situation lamentable la loi Chapelier plaça les ouvriers. Une fois que la Révolution fran~aise fut entrée clans sa seconde phase, grâce à l'éne1·gie de la (;ommune de Paris et des Hébel'tistl's, nnc réaction interventionniste se produisit contre le~ doctrines inrlividualistes des économistes. Les reveudications portées dans les délibémtions des clubs et des sections populaires de cette époque sont fort intérassantes car elles jet-

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