La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

92 LA REVUE SOCIALISTE L'idée a fait du chemin, et d'importantes victoires ont couronné les premiers elforts ù Paris, Lyon, Marseille, SaintEtienne, Roanne, ~Iontluçon, Commentry, Karbonne, Calais, Toulouse, etc., etc. Dans le Socialiste, de Paris, et dans la Lutte, de ~Iarseille, Jules Guesde consacre à cette question un article nerveux, de grande allure. Nous en donnons la partie principale : Les ~lunicipalités conquises J.XlrJe Parti Ouvrier seront autant <le positions enlevées à la classe capit.a!Jste, affaiblie d'autant. Elles constitueront autant de bases d'opération pour nos luttes ultérieures. A une condition : c'est q1i·1me fois entre nos mains, nous soyons en mesu,·e de les conserve,·. Or, pour les conserver. il est indispensable que les muniripaliti!s, de bourgeoises devenues socialistes. se traduisent par des résultats tangibles, par des amélioration~ immEldiates pour la masse fatigu~e de faire crédit, ,lepuis si longtemps qu'on lui promet sans tenir ou c1u'onne lui donne à manger que dans une assiette vide. C'est à quoi n pourYu le prog-ramme en V. articles auquel s'est arrèté le Congrès de Lyon et qui, applicalile dans toutes ses j>arties - et appliqué - co intéres~ant tous les travailleurs à notre victoh·e, a rendra définitive. JI leur donne, cn effP.t, dans la mesure que permet la société actuelle, !Satisfaction de toutes manières, sttpJ.>rimantou réduisant les diverses et multiples • se,·Yitudes • qui pèsent aujourd'hui sur eux. Comme ~res - et mères - de famille, ce sont leurs enfants abrités contre le fl'md rt l:i faim au movcn de cantines scolaires - embryon de la véritable éducation n:itionale de l'avenir, - soignés gratuitement dans leurs maladies et rétablis dans leu,· • droit à la ,·ie • pa,· la campagne ou la mer. Comme ouvriers, ce sont les Bourses <lu Travail lPs arrachant :\ un é1mrpillcment qui fait en ~ranrlc partie leur faiblesse; c'est la gratuité du placement. ces1.ant d'ètre 10 plus voleur des commerces pour devenir un tlevoir municipal ou corporatif; c'est, pour tous les travaux de la commune, la journée ,le huit heureg, un salai,·c rémunérateur et le marchandage supprimé, cette exploitation à la deuxième puissance 1 Comme locataires. c'est l'exemption de toute cote mobiliè1·.i et personnelle en même temps que des logements salubres . . Comme consommateurs, c'est l'octroi aboli qui grève les denrées alimentaires. Comme vieillards et invalides du travail, ce sont des asiles les sauvant ~lu bureau de bienfaisance et de l'aumône. Comme justiriablcs, en matiêre professionnelle, c'est une bonne justice par l'i11clépendanccassurée à cc juge qu'est le prud'homme ouvrier. Qu'ap,·ês comme avant ces réformes, tout~s du ressort municipal, la i1uestion sociale reste entiè1·e.c·est ce que nous serons les premiers à proclamer. ~lais sa solution, suspendue à l'expropriation capitaliste et à l'appropriation collective des moyens de production, n'en aura ()as moins fait un j!l'and pas, parce que, réalisé par le Parti Ouvrier, ce mieux-être prolltcra au Parti Ouvrier, dont il centuplera les forces, en groupant autour de lui des <'Cntainesde communes d'abord, des milliers ensuite. LA RESPOl\S.\BILlTÉ E:-. RÉGnŒ CAPlTALISTE. Sous ce titre, l'Action, le vaillant organe socialiste lyonnais, maintenant quotidien, publie: L<>Parlement vient <levoter 200,000francs pour venir en aide aux familles des victimes de la catastrophe de Saint-Etienne; nous avons eu, malheureument, t,·op souvent l'occasion de déposer à la t1·ibune de la Chamb1·ede semblables propositions, ce n'est pas nous qui y feront d'objection : nous

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