Qu'en savez-vous? Affirmation pure. L'A)!E DE DE)l.-\1:'.\" MOI. JACQUES. LUCIEN. Que vous êtes bètes de chicaner là-dessus ! S'il vous faut absolument une certitude, je fais une proposition : Camille et moi nous allons jouer à !'écarté, en parties liées, l'âme immortelle, la liberté, la Providence, tout le bazar. li vous suffira d'accepter le sort des cartes pour que les choses soient comme vous les croirez être. RAPHAEL . .Mon cousin, j'aime qu'on discute ces choses, mais pas qu'on les moque. MOI. Les enjeux sont trop gros. Et puis, j'ai l'habitude de ne jouer que ce qui m'appartient. RAPHAEL. Camille a raison. Quand il aura perdu sa liberté, en sera-t-il moins libre? JACQUES. Et s'il la gagne, le sera-t-il davantage? RAPHAEL. Je ne veux pas être une pierre qui tombe, moi! ... D'ailleurs, le miracle prouve la liberté. JACQUES, Oui, comme la folie de Pierre prouve la raison de Paul. RAPHAEL. Ma liberté se prouve elle-même. Je veux, donc je suis libre. MOI. Mais vous ne pouvez vouloir ce que vous ignorez. LUCIEN, Ce qu'on ignore n'existe pas. MO!. Allons donc I Il n'y a de réel que ce qu'on ignore. JACQUES. L'Incognoscible ! Ah! il y a longtemps qu'on n'avait parlé de ,ce monsieur. RAPHAEL. Je répète que je suis libre. LUC!EN. Tu l'es, puisque tu dis l'être. Na, es-tu content! JACQUES. Tu ne l'es pas, puisque tu es incapable de le prouver. Tu n'es -qu'une pierre, te dis-je. Une pierre, et pas autre chose ... Toute cause .amène son effet, et chacun de tes gestes est déterminé.
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