l\1O1,YE~!E:\'T :SOCIAL E:\' FRAXCE ET A L'ÉTRAXGER î61 guet, Potonié-Pierre, Corodiano, etc., au point de vue de la paix internationale, Mme de Morsier a présenté un mt•moire sur la réglementation de la prostitution. Cela a été l'é,·ènement de la journée. Je ne veux pas, a dit en substance :llme de Morsicr, résoudre en entier Je problème de la prostitution, mais m"élevPr contre le système de la réglementation. Elle uéveloppe ces idées: • l' Il n'y a qu'une morale qui est égale pour les deux sexes; 2' les droits naturels de l'homme sont aussi ceux de la femme; 3· !"Etat, qui 1·eprésente la justice, ne doit jamais favorisH le mal, ni, à plus fort~ raison, pactiser avec le vice. L'Etat ne doit exercer de tutelle -que vour le bien: • Elle développe ces arguments et retrace l'histoire des prostituées sous la monarchie et sous l"empire jusqu·à la fondation du premier dispensaire de salubrité publique ;'l Paris, en 1812. Elle raconte ce qu'a fait la fédération britannique continentale qui, de 1874 à 1881, a tenu ïoô meetings, a fait 91 conférences, a présenté au Parlement 9,6ü7 pétitions, revétues de 2,150,911 signatures, « pour demander le rappel de c.:eque l'hypocrisie masculine appelle les lois sur les maladies contagieuses >>. La Xorwège, poursuit l\lme rie ~Iorsier, a aboli la réglementation de la prostitution en 1888; le Danemark ne la possi-de plus que dans deux ,·illes ; les Pays-Bas la voieut de jour en jour disparaitre; en 'uisse elle n'existe plus -qu'à Genève et à Zurirh. Elle termine en demandant que le Congrès rondamne Je régime de la police des mceurs comme une violation du drnit commun, une négation de l'unité de la loi, une erreur hygiénique et un danger pour la santé publique. Le Congrès allait voter cette résolution lorsqu'un monsieur est mon té à la tri bune et a demandé la question préalable. - Yous ne voterez pas cette proposition, a-t-il dit en substance, parce qu'elle n'est pas sérieu e. A ces mots, tumulte épouvantable. Toutes ces dames se lèvent et poussent des cris d'indignation. Mme de Morsier et M. du Bellay ripostent que << noterrupteur a agi bien légèrement, qu'ils possbdent des documents <:olossaux >>. M. Strauss lui-m(•me, conseiller municipal, vient tancer le monsieur: - Je ne mettrai pas, dit-il, ma signature au bas de l'ordre <lu jour proposé par Mme de Morsier, mais je ne saurais le blâmer. Finalement, le Congrès adopte les propositions de Mme de !11orsier, avec un amendement de M. du Bellay, et il écoute -ensuite, dans une sorte de torpeur, Mmes Blanche Edwards, <locteur en médecine, qui parl-e sur l'avortement; Rose Lyon,
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