760 LA REVUE SOCIALISTE Le Congri;s féministe. - Le compte-rendu qui suit est emprunté à la Justice : La première séance dn congrès de la fédération des sociétés féministes a eu lieu sous la présidence de Mme Maria Deraismes. Dans l'auditoire se trouvaient Mme Aline Valette, Potonié, Maria Martin, Julie Pasquier, Cheliga Loévy, ainsi que des déléguées de l'Angleterre, de l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, la Finlande, la Grèce, la Hollande, l'Islande, l'Italie, la Roumanie, la Rnssie, la Suisse et la Suède. Après un discours de Mme Deraismes. on aborde les deux questions que porte l'ordre du jour: accès des femmes aux carrières libérales et égalité des deux sexes au point de vue des études scientifiques et artistiques. Un grand nombre de dames se succèdent à la tribune et sont toutes vivement applaudies. A la fin de la séance, les vœux suivants ont été adoptés par le Congrès: Les femmes rédament la pleine entière µossession des droits réstés jusqu'à ce jour l'apanage du sexe masculin; elles demandent au législateur d'émettre un vote favorable su,· le paragraphe suivant à ajouter au Code: « Les Français et les Françaises sont égaux <levant la loi. " « Le Congrès émet le vœu que l'homme et la femme employés à un tra• vail similaire ou même parallèle touchent un salaire égal. « Le Cong..es estime qu'il est du devoir des pouvoil's publics, dans toutes les nations, de préparer une loi dans ce sens. La deuxième sfance du Congrès, présidée par Mme Popelin, docteur en droit, a été plus mouvementée que la précédente. On a entendu, au début, un intéressant rapport de Mme Léon Béquet sur la population en France: Sommes-nous certains, a-t-elle dit en substance, <l'avoit· la première place <lans le monde? L'avenir ne parait-il pas gros de menaces? Sans parler de la guerre, qui donc soutiendra notre industrie, notre commerce, la renommée scientifique et intellectuelle de la France o/ Je crois que l'un des meilleurs moyens d'arrête,· la dépopulation de la France, c'est de fovol'iser l'allaitement professionnel, d'empêcher les abandons par tous les moyens possibles, et, &\'ant cela, de protège,· la femme enceinte, rar il est trop tard de s'occuper de l'enfant seulement quan<I il est né. Il faut Je protéger dès qu'il est conçu. C'est, pat· conséquent, surtout de la femme enceinte qu'il faut s'inquiéter. Mme Léon Béquet rappelle que, depuis le mois do mars, fonction no un refuge ou îOO femmes pourront être hospitalisées chaque auuée. Elle désire voir augmenter le nombre de ces refuges, et sur sa proposition le Congrès a émis un vœu dans ce sens. Apres plusieurs discours et rapports de Mmes Myrtile Reu-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==