La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

762 LA REVUE SOC!ALlSTE une jeune américaine; Miss Cozens, secrétaire du Comité derévision du suffrage polilique; Griess-Traut, etc. La troisième et dernière réunion du Congrès a été plus accidentée que les précédentes. Dès le début, violente querelle au sujet d'uue proposition présentée par M. du Bellay et tendant à« rédiger un cahier des doléances du Congrès pour le remettre au Sénat et à la Chambre des députés et en envoyer un exemplaire an président de la République». , Une des vice-présidentes, ;\!me Bonnevial, institutrice, qui est déléguée à la Bourse du travail, proteste contre lïdée de « s'adresser iL des persoJ1nalités ». On lui donne satisfaction, et les mots (( au président de la République » :sont remplacés par ceux-ci : l< anx pouvoirs. publics». Pendant près de deux heuros le Congrès s'occupe de la re0herche de la paternité. M. le docteur Barbezieux ayant déclaré, que le seul moyen de relever la femme. c'est de lui donner plus de responsabilités. que la recherche de la paternité a succombé sous le scandale qu'elle avait provoqué», cle nombreuses protestations se firent. entendre. Peu à peu, cependant, le calme se rétablit, et ron passe à l'adoption des vœux. Le Congrès demande « l'application sévère· des lois coutre les parents indignes, la protection par l'Etat des enfants lorsque la déchéance des parents est prononcée, l'application sorieuse de la loi Roussrlle, l'éducation gratuite municipalr, intégrale cl professionnelle des jeunes filles». Relativement à la recherche dfl la paternité, le Congrès, « considérant que tout enfanta droit à son père comme à sa mère, admet le vœu que la recherche de la paternité soit permise comme l'est la recherche de la maternité et demande que les enfants reconnus ou dont la filiation est régulièrement établie soient assimilés aux enfants légitimes et jouisscn t sans aucune restriction ni réserve des mêmes droits successoraux. » Ces vœux une fois votés, la discussion reprend au sujet d'un vœu présenté par Mme Louise Koppe, qui demande l'adoption ·parlanationdesenfants. <lVoyez donc la réalité en facfl, dit M. Léon Donnat, conseiller municipal. Vous allez constituer une prime à l'abandon, vous allez inciter les parents indignes ou simplement égoïstes à abandonner leurs enfants. » ~1lle Bounevial, M. Schacre, etc., nient qu'une mère puisse abandonner volontairement son enfant, et le Congrès adopte la proposition de Mme Louise Kopper.

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