La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

ï50 LA REVUE SOCIALISTE q11epaye grassement pour sacrifier en toute circonstance, la Ploutocratie, ne perùit pas cette occasion de donner coutre tout droit et toute jnstice, gain de cause aux monopoleurs (1). Ainsi protégée, la Compagnie du gaz refusa toute amélioration et ponrtant que d'abus provenant de la défectuosité de l'outillage. Quant à l'exorbitance des prix, une simple question l'établira. Le prix du gaz à Paris est de 30 centimes pour la consommation et de 15 centimes pour l'éclairage de la ville. A Bruxelles, ou le gaz est régi par la ville, ou n'a rien à payer pour l'éclairage public et le gaz est livré aux particuliers au prix de 14 centimes, ce qui n'empèrhe pas la ville de réaliser 3 01v de bénlflces. Dans les lî3 exploitations cornmunalistes d'Angleterre, l'éclairage public est ordinairement gratuit et le prix du gal aux particuliers e::.tordinairement de 13 à 15 centimes. Cc sont à peu près, les conditions de Bruxelles. Voilà pour le dire en passant un argument forasant en faveur de la rrgiecommunale du gaz. Autres prix: Vienne (Autriche), 21 cent., Berlin, 20 cent. Ce sont de hauts tarifs, quoique bien inférieurs aux tarifs de Paris. En voici de moins élévés: Dans 35 villes d'Allemagne. le gaz est vendu 19 cent. Dans 53, de 14 a 15 cent. A Londres, 10,5 cent. A Plymouth, ï,9 cent. A Bordeaux le gaz coûte 21 cent. aux consommateurs, mais 4 cent. seulement à la ville, ce qui n'empêche pas la compagnie bordelaise du gaz de faire de forL bonnes affaires, les actions sont cotées à I.500 et les obligations sont introuvables. < Aux portes tlc Paris, dit l'auteur de La (in d'un l\fonopole, le fermier de l'usine municipale de Montreuil-sous-Bois, livre le gaz à 2-5cent. pour l'éclairage, 19 cent. pour l;i.force motrice et 11 cent. à la Yille. :\lais, comme il paie à la Yille une redevance de 51% sur ses recettes brutes, ces prix sont en réalité réduit à 12,5 cent., 9,:5cent. et ï centimes. Mais à quoi bon continuer cette énuméra{ion? Il est de notoriété publique que, gràcc aux prévarications des administrations impériales du Conseil d'Etat de la troisième République, le prix <lugaz à Paris est trop élevé du double, pour le moins. La démonstration est plus que faite. La conclui\ion s'impose on dn moins s'imposera, nous voulons l'espérer. L'actuel consci l parisien ne voudra pas fairr moins quc son prédéeesseur <le188:1,pas moins qu'il n'a fait lui-mèmc en 18\Jl.Quelle (!), Cette collection d~ durs lcgislPS eu agit toujours ainsi. on l'a encore vu récemment à propos de la Compag,iie des Eau:,; el de ia Compagnie des Allumettes éffrontémeot et iniquement favorisèes au dépend des contribuables.

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