La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

~10:\'0POLEURS ET COXSO~DIA TEURS 751 ,que soit l'habileté de Camus et consorts que flattent les consommateurs en accordant une légère diminution et tàchcnt d'amadouer les démocrates du Conseil en accordant un semblant de participation aux bénéfices, les élus parisiens repousseront les ruineuses propositions qui ne peuvent plus tromper personne. L'évidence est là, et les commentaires du citoyen Serf prouvent surabondamment que le nouveau traité ne ferait qu'aggraver et prolonger le privilège dec;monopoleurs. Que proposc-t-on en effet à l'approbatiou des élus de la commune parisirnne? En échange d'un dégrèvement d'un sixième consenti à certaines catégories qe consommateurs, la Yille prendrait à son -compte au lieu et place de la compagnie, une dépense évontuelle de 793,000,000 qui, avec les frais d"emprun t,l'obligerait à rembourser un total d'au moins 900,000,000. Que si maintenant la Yillc voulait en 1905 ti°'poque de l'expiration du traitéJ entrer en possession de sa part d'actif lui revenant de plein droit, en vertu du traité actuel, elle devrait payer en outre, à la Compagnie une somme de 200,000,000. Du chef du gaz sa dette s'élèverait donc alors à 1.100.000.000. Ce total est de beaucoup supérieur à la somme dont le dégrèvement ferait bénéficier les consommateurs, et l'énorme différence devrait être payée par les contribuables à partir de 1905, puisque pour rembourser les onze cent millions, la Ville devrait inscrire à son budget une annuité de cinquante cinq millions. Or, nous sommes certains qu'en 1905 nul Elu communal ne voudrait prendre une pareille responsabilité. Yous allrz voir le résultat : Comme il est prévu dans le projet camusien que« jusqu'au remboursement de cette créance la Compagnie continuera l'exploitation dans les conditious en vigueur à la fin de la concession » il est clair que l'adoption du projet en instance devant la Commune parisienne aurait pour conséquence inéYitablc la conce:;sion à perpétuité,à la Compagnie monopoleuse, de l'éclairage parisien. Cc n'est pas tout. Cette concession aurait pour circonstances aggrarnntes du monopole actuel: 1• de condamner les consommateurs à payer indéfiniment le gaz 25 centimes, l'article 48 qui leur réservait le bénéfice des progrès de la science étant supprimé; 2° ùe concéder à la Compagnie le monopole du gaz pour la force motrice indéfiniment vendue au prix, trois fois trop cher, de 20 centimes;

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