La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

)lOXOPOLEVRS ET COXSOM~IATELRS î4\) C'en·est pas tout encore. En 18î0, on dédoubla les actions et les anciens actionnaires purent realiser toutes leurs actions sans se desaisir a'une seule, ce qu'ils firent. C'est ainsi qu·aujourd'hui la famille Margueritte, par exemple, peut posséder 80 millions en actions du Gaz après avoü· i·ealise pareille somme, grâce aux cours pratiques en Bourse. Le même calcul effectué pour la masse des actionnaires, démontre que les :206millions de 1883sont devenus 410mil lions, lesquel:;;ont pour origine un versement réel de 15 millions environ, en 185;':Je,t un apport, à la même date, de 40 millions a·anciens titres. N'est-ce pas là le vol à l:i pelle, le vol sans conscience et san:; pudeur avec la complicité coupable des pouvoirs publics? Lors de la discussion de 1883, M. Yoisin, ancien préfet de police et conseiller consenateur, expliqua que de tels faits n·avaient pu se produire que parce que le second empire voulait s"étayer sur la haute banque : « On de poarait pa~. comme par le pas~.-:,rlonner des terres, on donnait la fortune publique; i, cette époque on jetait en patu,·e à cette foule d'appétits un demi siecle de prolongation aux Compagnies de Chemins rie fer, bien qu'à ce moment déjà 1',I. Léonce de Lavergue établit que le surc,·oit de profits acco,·dés aux actionnai,-es des Chemins de fer aux dépens du public, par la prolongation de jouissance, coûterait plus d'un million. Ces pi·évisions ont été dix {ois dépassées. C'était le cadeau de joyeux avènement que le second empil-e faisait aux Compagnies.» On ne saurait mieux dire, mais il faut agir en conséquence, car c'est le monstrueux privilège, flanqué de tant de vols, que l'on veut fortifier et aggraver. Je dis aggraver, avec juste raison. Le projet eu instance est pire que celui - qui fut repoussé - de 1883, projet dont le conseiller opportuniste Narcisse Leven disait: Le traité soumis à notre examen avait été l'objet de critiques très vives; il avait, d'autre pan, ~té défendu avec talent par l'administration. Pour nous, nous lui rep,·ochions d'ètre une aggravation des traités anté,•ieurs. Si je vous faisait l'histoire de ces traités vous sauriez que chacun d'eux a, en effet, aggravé le précédent (t,·ès bien! très bien!). Vous verriez que le traité de 1870 vaut moins que celui de 1835 et que celui d'aujourd'hui vaut moins que celui de 1870. Qu'avons-nous reproché à la convention qu'on nous proposait il y a huit mois? Nous lui avons reproché de prolonger le monopole, de le con~olider, de diminuer les charges de la Compagnie et d'augmenter ses avantages. Ce qui était vrai en 1883l'est plus encore en 1892. Eu 1883 le Conseil fit tout son devoir, non seulement il repoussa le projet, mais encore il demanda une réduction du prix du gaz, légalement motiv6e et qu'admit le Conseil de Préfecture. Mais le grouillis des pires résidus administratifs connu sous le nom de Conseil a'Etat que la troisième Républi-

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