La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

712 LA REYUE SOCIALISTE Pour les enfants des deux sexes au-dessous de sei1.eans, la duréede la journée sera de dix heures. Les jeunes ouvriers ou ouvrières de sei1.e à dix-huit ans ne peuvent être employés à un travail effectif de plus de soixante heures par semaine sans que le travail journalier puisse excéder onze heures. Dans la dernière séance, celle du 29 Mars, M. de la Berge, sénateur de la Loire, a fait adopter une dérogation au principe de la suppression du travail de nuit pour les enfants àgés de moins de dix-huit ans, les filles mineures et les femmes. La loi portait que tout travail entre neuf heures du soir et cinq heures du matin serait considéré comme travail de nuit. M. de la Berge a défendu, malgré l'opposition du rapporteur, un amendement d'après lequel le travail sera autorisé de quatre heures du matin à dix heures du soir, quand il sera, réparti entre· deux postes d'ouvriers ne travaillant pas plus de neuf heures chacun. Cet amendement, accepté par le ministre, a été voté par le Sénat eo même temps qu"un paragraphe additionnel 'portant:(< Le travail de chaque équipe sera coupé par un repos d'une heure ». Le rapporteur, M. Tolain, a fait valoir cependant d"excellentes. raisons contre cette disposition précédemment votée par la Chambre· et le Sénat, mais rejetée par la Commission sénatoriale. li a montré l'ouvrière obligée ou de se lever à trois heures du matin pour se rendre à l'usine ou de se coucher à 001.eheures du soir seulement,ce qui équi-- vaut à un rétablissement partiel du travail de nuit. li avait montré l'industrie se livrant, par ce moyen, à une surproduction effrénée suivie bientôt de chômages meurtriers, et les ouvrières arrachées à leurs campagnes pendant les crises d'activité, puis laissées sur le pavé des villes pendant les périodes de calme. Ces mouvements d'attraction et de répulsion que Marx a si bien décrits sont. en effet, inséparables de l'industrie capitaliste quand on la laisse livrée à elle-même et à ses tendances meurtrières. Le dernier incident de quelque importance a été le discours de M. Lucien Brun, demandant que le jour de repos hebdomadaire, obligatoirement imposé par la loi,soit fixé au Dimanche. Le Sénat a repoussé cette proposi tian. La Chambre des députés a consacré plusieurs séances à la discus-- sion du projet de loi relatif aux conseils de prud'hommes. Nous signalerons les parties de cette discussion qui présentent un intérêt général.. Cette loi a été conçue en vue d"étendre considérablement la compétence de ces conseils et d'en multiplier le nombre, de façon à augmenter les catégories d'ouvriers et d'employés qui seront justiciables. devant eux. A côté, d'une foule d'améliorations de détail, nous aurons le regret de constater que sur quelques points la Chambre a manqué de hardiesse et d'esprit démocratique. La question de l'électorat des femmes a été tranchée favorablement

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