La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

7l0 LA REYUE SOCIALISTE La discussion était presque épuisée et le résultat encore incertain, lorsque M. Diancourt a proposé un amendement tendant à fixer la durée de la journée ùes femmes à 1 1 heures. Nouvelle intervention du ministre du commerce qui a reproduit son argumentation. Nous croyons intéressi.nt de citer encore quelques passages de ce second discours, dans lequel on trouvera des renseignements sur la récente discussion qui a eu lieu au Parlement Anglais relativement à la journée de huit heures : On me p,r!Jit tout à l"heure des ateliers de l"Etat. Or, dans la plupart de ces atelicrs1 la <lun~e de la journec de travail est aujourd'ui de dix heures, et il est constatéque la production est aussi élcvee, sinon plus, et que le produit est de meilleure qualité. Ain..,i, dans un temps moins long, on a obtenu une production egalc en quantité et supérieure en qualite à celle que donnait la journée de douze heures. Voilà le fait. Et. messieurs, ce n·est pas un fait isolé; il confirme l'expérience des autres pays. Le lendemain mênle du jour où commençait devant vous la discussion qui se poursuit en cc moment, un débat semblable s'ouvrait à la Chambre des communes. On discutait, non pas sur la réduction à dix heures de la journée de travail des f«:mmes (vous Sa\'eZ qu·en Angleterre, c'est une conquête realisée depuis 184j), mais sur 1.1 réduction, par la loi, a huit heures de la journée de travail des hommes employés dans les mines. Tous les ordres d"arguments développés devant vous par les adversaires de la loi actuell~ ont eté présentés à la Chambre des Communes. Les raisons tirées de la réduction de la production, de la diminution des salaires, de l'impossibilitc pour l'Etat de porter atteinte à la liberté de l"industrie, ont éte e.11:poséeasbsolument comme. la veille, nous les avions entendu rxposer à la tribune du Sénat p,r l'honorable M. Milliard et par ceux de ses collcgues qui ont combattu les deux principes de la loi que nous soutenons. Eh bien, messieurs, quelqu·un a-t-il, à la Chambre des communes, songé à contester les résultats des lois du passé? Quelquun a-t-il soutenu que les lois de 184ï, de 186j, de 1878 avaient di1ninué la production et abaisse les salaires ? Certes, si de pareils effets s'étaient produits, vous sentez bien que ceux qui ont combattu le bill presenté pour la journée de huit heures n'auraient pas manqué de tirer argument des funestes conséquences des lois fixant à dix heures la durée de la journée de travail des femmes. Personne, messieurs, n'a songé à contester les renseignements que je vous ai fournis mardi dernier, à savoir que la loi de 18.n, en réduisant à dix heures la journée de travail des femmes et en provoquant mime., par rcpercussion, une réduction égale de la journec des hommes employes dans l'industrie textile, a donné d'excellents résultats, c'est-à-dire une production égale ou plus élevée, de meilleure qualitc, et qu·cn définitive les salaires se sont accrus. Bien plus, l'un de ceux qui ont soutenu la loi, M. Chamberlain, dans un remarquable discours, a r3ppelé, sans soulever la moindre contradiction, les bons effets des lois précédentes dont l'application est déjà si ancienne et si probante, et il en a tiré argument, à tort ou à raison, en faveur du bill de huit heures s'appliquant au travail des hommes. Il a même cite d'autres exemples. Voici certains passages de son discours que je demande au Sénat la permission de 1ui citer. M. Chamberlain retrace cc qui s'est passé après 1847: « Le premier résultat, ditil, fut une reduction de salaires duc, en partie à la diminution du travail, en partie au mauvais état du marché. « Mais une année après la loi de 1847.... • - celle loi n'entra en vigueur qu'it

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==