LA QL'ESTIOX SOCIALE DEYAXT LES CORPS ÉLL"S i3!) ïndustriclles, financières dC la loi de 1874. qui avait réduit la journée de travail à dix heures, et qui avait soumis les mineurs et les femmes a cette loi, alors que non-seulement les pays étrangers, mais même les Etats voisins, qui entourent le Massachussets, qui sont ses rivaux industriels, jouissaient de la liberté industrielle, c·est-à-dire de cette grande liberté qui permet aux patrons de tirer des produits illimités du travail humain, en usant jusqu·a épuisement les force5 de l'entant, de la femme et de l'homme. On fait donc une enquête, et que découvre-t-on ? Que le Massachussetts, en 1886, six ans après - cela est suffisant pour juger une loi - avait perdu de sa puissance industrielle ? Que la production cotonnière avait diminué, que le salaire des ouvriers avait baissé? Pas du tout ; on trouve au contraire, que dans le Massachussetts, les heures du travail sont reduites à 6o, alors que dans les autres Etats elles sont: pour le New-Hampshire de 66 et dernic ; pour ie Connecticut d~ 66 et demie; pour l'Etat de New-York, de 6; un quart. De plus, les salaires dans ces autres Etats sont, par semaine, de 35 fr. 20, de 37 fr. 20, de 39 fr. o;, de J7 fr. 8,;. alors que dans le Massachussetts. ils sont de 41 fr. 6o. De sorte qu·en dcfinitive, dans les Etats où l'on était resté sous l'empire de l'ancienne législation, ou sans législation pour mieux dire, la durée des heures de travail était plus grande, la production moindre et les salaires plus faibles puisque dans le Massachussetts on voit pour une durée de travail moindre un salaire supcrieur, six heures de travail de moins, 3 fr. ;o par semaine de plus que dans les Etats où le salaire est le plus elevë. Malgré ce remarquable discours M. Bérenger n'a pas été convaincu. Dans un langage très habile et très élégant, il a rajeuni la vieille argumentation qui lie rigoureusement la production à la durée du travail et le taux des salaires à la production. Ce n'est pas ici le lieu d'exposer et de commenter la loi des salaires; mais nous savons bien, nous socialistes, qu'au moins dans certaines limites la raribution del 'ouvrier n'est proportionnelle ni à la durée de travail, ni à la quantité ou à la valeur des marchandises fabriquées dans l'unité de temps: nous savons même qu'il y a bien souvent un rapport inverse entre ces divers facteurs. M. ~ichard Waddington a apporté, en réponse au précédent orateur, des arguments de fait non sans valeur. li a montré que dans les usines où ne sont employés que des hommes, la durée moyenne de la journée est de dix heures seulement, parceque les hommes peuvent et savent se défendre : c'est au contraire dans les branches d'industrie où domine l'élément faible, les enfants et les femmes. que l'on rericontre une durée extraordinaire et excessive de la journèe de travail ; sur ce point les rapports des inspecteurs de Valence, de Grenoble, de St-Etienne, de Marseille, sont explicites. Il y a des endroits (dans la Drôme et dans rArdèche) où de malheureuses femmes gagne1,t I fr. 10 pour une journée de douze heures. li a ajouté que devant la perspective d'une diminution possible des salaires, les ouvriers et les ouvrières interro- ·gées par la commission d'enquête n'avaient pas abandonné leur reven- _dication de la journée de dix h~ures. M. Waddington a essayé la réforme .dans ses propres usines, mais il montre qu'un industriel isolé a de grandes difficultés à vaincre à cause de la concurence et qu'il faut par conséquent compter ~ur la loi égale pour tous et non sur l'initiative individuelle.
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