La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

73 LA REVUE SOCIALISTE le drapeau de l'opposition contre les bills sur la réduction des heures de tr.vail. Il prononça les paroles suivantes : « J'ai une confession à faire à la C:hambrc : l'expérience a montré, à ma grande satisfaction, que beaucoup de prédictions faites contre le factory•bill ne se sont pas réalisées et que. en somme, cette grande mesure a contribué à l'amélioration des classes ouvrières, sans faire tort aux patrons. Par mon vote de cc soir, je m"efforccrai de rép,trer l'opposition que j'ai faite autrefois au factory-bill, " De même un autre adversaire de la loi, sir Thomas Bazle y, un grand manufacturier de Manchester. faisa;t une déclaration identique et apportait à la loi nouvelle l'appui de sa parole et de son vote. A11jourd'bui, lorsqu'on examine la marche des salaires en Angleterre et la marche de f• pro,/11ctù11d1,11sdts dor1111w1tsdes plus curieux, que j'ai dipoui/li a11tcla plus grande atftnho,1, ou cot1s/.1/eque le contraire dts pridichons qvi afJ.litnl ité formulùs att Parlement s',s/ ri,.zlisi. Ces documents itab/isse11/ les progrès de la producliotJ tl l'augme,i/a/Um des salaires au J,tr tl a mesure des modi.ftcations ligislalives qui 011/ ili opiries penda,i/ la longue piriode de 1830 à 18;8. Mc~sicurs, aujourfhui cela ne fait plus question, cela n'est plus discute en Angleterre. J'ai sous les yeux un rapport du chancelier du consulat à Cardiff, rapport qui a éte fait spécialement sur la question de la duree du travail en Angleterre, et voici un des passages de ce rapport : « En l"état actuel des choses, la moyenne des heures de travail pour tout le Royaume-Uni est de dix bturts à peu pres, et dans la plupart des grands établissements industriels, le principe de la journee de 1uuf heures, qui avait d'abord provoqué de nombreuses recla1nations. a éte admis depuis longtemps déjà. « Il parait qu·on a lieu de se féliciter d'avoir pris cette dernière mesure, car personne ne songerait à élever la moindre plainte a ce suJet. » Mais cette expérience ne s'est pas faite seulement en Angleterre. Je ne vous ai ;icn dit et je ne ,·eux rien vous dire des autres pays qui nous entourent : Allemagne, Autriche, Belgique, Suisse, qui ont rcalisé des progrès :malogucs, qui ont depuis longtemps une legislation du.travail. Il y a un autre pays qui est bien plus que l'Angleterre la patrie du laisser-faire et du laisser-passer, qui est bien plus que l'Angleterre la forteresse de la résbtance à toute intervention legislative, vous avez deviné : ce sont les Etats-Unis. Eh bien, aux Etats-Unis, l'expérience a été faite, elle a donné absolument les mêmes resultats qu'en Angleterre. Il y a un Etat, le Massachussctts, où l'industrie textile est la plus florissante. En 18j4, le Massachussetts, songea à légiférer sur la durce de la journée de travail. Vous pensez si cette hérésie souleva les esprits aux Etab-Unis et quelle opposition les hardis novateurs qui avaient apporté cette idée, rencontrèrent devant eux. lis persistèrent et obtinrent gain de cause. La loi fut votée; la durec de la journee de travail fut fixee a d;x heures, en ce qui concerne les mineurs et les femmes. bien entendu, et sans se préoccuper des ~onunes. Je dis : sans s'occuper des hommes, car la femme, en cette nutiere, est toujours conside!rée comme mineure; c·cst le principe de toutes les lrgislations. La loi fut donc votée, et lorsqu·on la vota au Massachussetts, un certain nombre de manufacturiers qui étaient visés par la loi soulevèrent des objections. C'etait toujOl.:r:)le mème rJ:!'ionnemcnt. La production est proportionnelle a la duree du tra,·ail ; donc réduire la durce du travail, c·cst rlduire la production. Le salaire est proportionnel a la production; donc rrduirc la production, c'est réduire le salaire. Ce n'est pas tout à fait un syllogisme, c'est une soritc. Mais enfin la logique n'y perd rien, si la ,érite des choses y perd beaucoup. La loi fut volte malgré les objections. Eh bien, on fit, en 18801 une grande enquête sur les cons~qucnces Cconomiqucs,

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