73ô LA REVUE SOCIALISTE tation assez solide, dans laquelle nous cueillerons seulement deux courtes citations : Dans beaucoup d'industries, a-t-il dit, on cherche la solution de cette question (la réduction à dix heures de la journée de travail) ; je l'ai vue pour ma part expérimentee dans des usines, dans une en particulier, oll Jai eu ravantage d'ètre employé quelques annccs - successivement ou a réduit la journée de douze heures à onz.e, de o,ize bt.11rcsà dix. t.l, au bout de trois mois, la di.ffùeuce de production ilait devenue insensible. C"était une industrie métallurgique où le travail était un travail manuel, où par conséquent la machine ne commandait pas l'ouvrier. Voilà un fait de plus, emprunté à l'expérience de l'ancien ouvrier Tolain, que l'on pourrait ajouter à la liste déjà longue de ceux qui prouvent la possibilité d'une réduction de la journée de travail. Et plus loin: En Angleterre, un ouvrier conduit .i,ssez facilement trois métiers de tissage, cela ne se fait pas en France, et pourtant il est evident qu'il n'y a pas pour cela de raison majeure à invoquer, si ce n'est qu'un pareil travail deviendrait pénible s'il était trop longtemps prolongé. Il serait inadmissible de soutenir qu'en principe nos ouvriers Français seraient incapables de conduire trois rnétiers, comme le font les ouvriers Anglais. Ce qu'ils refusent c'est d·accomplir une pareille besogne douze heures durant, alors que les ouvriers Anglais n'y ~ont 3:,trcints que pendant dix heures. Je crois que les industriels anglais qui font conduire trois métiers par un ouvrier, mais qui n"exigent de lui que dix heures de travail, font une œuvre très intelligente et tres profitable à leurs intérèts. M. Milliard a pris ensuite la parole, pour combattre le principe même de la loi et pour regretter qu'elle ne contint pas une disposition interdisant à la femme, qui vient d'accoucher, de rentrer dans l'usine avant quatre semaines. Du reste une proposition spéciale a été déposée à la Chambre des Députés. Mais retenons le fait important signalé par cet orateur: M. Dollfus, qui dans ses ateliers à Mulhouse emploie 1.200 femmes, a réalisé le premier cette réforme et a continué de payer le salaire pendant les quatre semaines de repos imposé. Aussi il a obtenu le résultat suivant : Jlvanl l'i11terdictio116,2 e11fa11stseulementsur 100 dépassaie11/ la premièrea1111ée.Jlprèl'si11terdictio11, 7 5pour cent la dépassaient. Espérons que la Chambre des députès délibèrera au plus vite sur une question d'humanité aussi pressante. Le morceau capital de la discussion a été le discours de M. Jules Roche, ministre du commerce et de l'industrie. Nous allons en reproduire les portions les plus solidement documentées et les plus instructives; mais remarquons combien les arguments de M. Jules Roche dépassent la portée du débat spécial engagé devant la Chambre haute. Tout ce qu'il a si bien dit tend à démontrer l'utilité de la réglementation du travail des femmes et de la réduction pour elles de la journée de travail, mais s'applique aussi. admirablement, à la réduction de la journée des hommes adultes. M. Jules Roche a parfaitement défendu
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