î22 LA REVUE SOCIALISTE et des voyageurs comme Arthur Young. A cette petite propriété déjù. constituée la Révolution a assuré l'existence et le développement par la libération de toutes charges seigneuriales et par la mise en vente des biens nationaux. Après cette impulsion, fauteur nous montre le morcellement progressant et s'accélérant dans la suite d'une façon merveilleuse. Mais ici les chiifres exacts nous manquent, et les calculs de :iL de Foville, quelque savants qu'ils soient, nous paraissent sujets à caution. Kous n'avons, en effet, aucun document: aucune statistique qui nous permette de fixPr le nom brn de propriétaires d'nne façon précise. ~I. de Foville calcule ce chiifr<' d'après celui dQs cotes. Mais le premier il reconnait le peu de certitude d'un tel système. La cote est lïmpot foncier que l'on doit verser entre les mains du percepteur pour une ou plusieurs propriétés situées dans le périm~tre d'une même commune. Mais le nombre des cotes nïndique point le nombre d::i propriél.aires : en effet, pour une même propdéLé qui s'étend sur le territoire de Lrois communes il y a trois cotes et cette propriété, qui est, ':lll réalité, le domaine d'un seul,sembleappartenir à trois personnes différentes. Detelle sorte que, si un seul homme possédait le sol entier de la France, il y aurait, en apparence, 36,121 propriétaires, c'est-à-dire, autant que de communes; et, s'il était partagé entre DEUX cE:--Tsde telle façon que chacun eut un lambeau dans chaque commune, le nombre des cotes serait de 3,612,000. On voit par là combien sont fantaisistes les assertions de ceux qui viennent nous dire, avec ~I. Luro, que la France compte 11 millions de propriétaires parce qu'il y a J1. millions de cotes. Quant aux autres qui ne commettent pas cette erreur, leurs chiifres ne concordent. guère, et, pour nne période (1816), tandis que le ministre Gaudin fixe le nombre des propriétaires à 4,833,000, Ru bichon et Léonce de Lavergne n'en compte11t que 3,S0Z>,000; soit une indifférence de 1,027,000. S'il est anssi difficile de connaitre le chiffre des propriétairPs, à plns forte raison, ne pourrons-nous savoir dans quelles proportions a changé ce chiffre que nous ignorons. ~e nous arrètons pas plus longtemps à des renseignements statistiques qui présentent une telle inconnue et qui, en les approfondissant, deviendraient plutôt contradictoires que probants; voyons seulement quel est l'état de la grande et de la petite propriété. Mais rn suivant ~1. de Foville dans cet examen, il ne faut pas oublier que ses calculs ont toujou1·s pour fondement les cotes foncières et indiquent un morcellement fictif dont il Pst difficile d'apprécier la valeur; on peut dire cepeudant qu'il R'écarte d'autant plus de la vérité que l'on a a(fafre à dos propriétés de plus en plus grandes, puisque les chances qu'elles ont
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