LE MORCELLDlE1"T î21 que les lois naturelles poussent à cet état de la propriété. Dès le début, la terre ne forme qu'un grand domaine où les hommes clairsemés vivent de chasse, de pêche ou de fruits, produits spontanés de la terre . .\fais la vie pastorale uccède ù la vie sauvage et c·est un énorme progrès bien quïl faille encore se mouvoir dans de larges horizons. Plus tard, de nH•111eque la chasse avait été remplacée par l"élevage, de m~me celui-ci disparait peu à peu dernnt la culture méthodique du sol, et les groupes humains organisent leur existence d'une manière de moins en moins extensive puisqu'une surface de plus en plus étroite leur suffit. Ces lois naturelles pousseraient donc au morcellement de la propriété qui semblerait, d"après :\I. de Foville, l"état du sol de l'avenir lorsque 111 population du globe, au lien d'un milliard, atteindra le chiffre de 15 milliards, ainsi que les prévisions, fondées sur l'augmentation d'un quart pour cent de la population, semblent le justifier . .\lais, ajoute l'auteur, la force a sou,·ent troublé la marche rationnelle des faits économiques: et, dans une grande partie de l'Europe, quand on vent remonter ù 111 so1ll'c,~du droit de propriété, ou se heurte ,·t la conquète. Or. r-e droit (qui nait de lï11justice et de la spoliation) n'a pas proti•gé partout la propriété territoriale. Si en Angleterre la race conquéran le a ;:u conserver les fiefs partagés après la bataille d'Ilastings (10(iü), il 11·en est pas de mème en France où le seigneur endetté et moin pratique avait cédé la majeure partie du territoire au paysan, avant la Révolution (il y avait alors quatre millions de propriétaires environ). Et ~I. <leFoville expose à ce sujet l'état de la propriété en Angleterre, pays où elle n·est pas morcelée, et en France, pays où elle l'est beaucoup. En Angleterre, le nombre des propriétaires qui se partagent le sol est de 972,83G. Sur 972,83G, il y en a ï03,28û qui possèdent ;f centième de la surface totale; 2ü3,000 possèJent les 99 centièmes ;f; 5,-108, îO Y. et 9L se partagent plus d'un sixième du territoire. On conçoit, que dans un milieu semblable où la proportion des possédants est de 1 sur 23 et, en éliminant les parcelles inférieures à un àcre, de 1 sur 86 non possédants, on conçoit que les théories d'IIenry Georges aient trouvé de chauds partisans. En France, la prc,priété est plus morcelée qu·en Angleterre, et M. de Foville nous fait l'histoire de ce morcellement. Il nous apprend que la Révolution n'a pas créé la petite. propriét.\ mais qu'elle existait auparavant ainsi que le constatent ou s·eo plaignent des économistes comme Boisguilbert, Turgot, Quesnay -l6
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==