îlO LA REVüE SOCIALISTE 1° Les marchandises augmentent de prix pour deux motifs: ou parce qu'elles deviennent plus rares, ou parce que l'argent de,·ient plus abondant. 2° De mème, les marchandises diminuer,t de prix,ou parce qu'elles deviennent plus abondantes,ou parce que l'argent devient plus rare. 3° On ne peut rien conclure relativement à la prospérité publique, ni de la di111i1111tion du pouvoir de l'argent ni de l'immobilité de ce pouvoir; puisqu'il se trouve diminuer ou demeurer immobile, aussi bien da·1s les moments de crises (?J que dans les moments de progrès (?). 4•' On ne peut conclure davantage de /'a11gmenlation du pouvoir de l'arge:1t puisqu'elle peut provenir de la très grande abondance des marchandises, aussi bien que de la très grande rareté du métal et que dans la première hypothèse (abondance de marchandise) elle est un indice de prospérité, et, dans la seconde (rareté du métal) elle est un indice de malaise. 5° L'augme:itation du pouvoir de l'argent indique un état de gène lorsqu'elle vient à une moindre abondance de métal ; parce que le métal ne diminue pas effectivement, mais il rentre dans les poches, dans les coffres ou dans les bas. Et cette disparition factice de l'or et de l'argent, qui en cause le renchérissement, n'est autre que le resserrement du crédit. 6° Qµant à la diminution du pouvoir de l'argent, elle est signe de crise si elle provient de la rareté des marchandises; et elle ne signifie rien si elle provient de l'abondance des métaux précieux. Quiconque aura suivi l'auteur à travers les six paragraphes qui précèdent, ne pourra s·empècher d'y découvrir la trace de tergiversations, d'hésitations, et finalement de décisions absolument empiriques, parce que faute de voir les choses sous leur vrai jour, faute d'avoir précisé le sens des mots ricbesse,crise et prosperité, toutes les idées heurtant les faits ont causé dans le cerveau de !'écrivain un brouhaha auquel il n'a pas su échapper - d'où son incohérence. Pour M. le vicomte d'Avenel, quand il écrit qu'il y a abondance de marchandises, ou abondance de métal, il lui apparait que tout le monde a pu participer à la répartition de cette abondance, et il ne lui vient pas à l'esprit que suivant les époques et - ne lui en déplaise - suivant les régimes, il y a toute une catégorie de gens pour qui l'abondance de marchandise ou l'abondance de numéraire sont deux circonstance absolument négligeables. M. d'Avenel parait croire que tout le 111011de a un égal besoin d'un medium d'échange ; que tout le monde peut se le procurer aisément quand il a y abondance, difficilement quand il y a rareté. Il pousse même l'irréflexi,>n, en pareille matière, jusqu'à écrire les. deux phrases suivantes : .c Je passe intentionnellement ~ous silence, dans cette revue les.
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